TOTAL CONTROLE
!
Solidarité avec l’intersyndicale
CGT-CFDT-Sud-FO, qui appelle les salariés des raffineries françaises du groupe Total à
cesser le travail à partir du 17 février pour défendre l’emploi et les investissements.
On ne peut plus avoir un discours de campagne pour défendre les usines et les ouvriers, et une fois au pouvoir "accompagner" la destruction de nos emplois, et donc l'avenir de nos enfants.
Pour vous convaincre...La France a connu en 2009 une saignée jamais vue du nombre d'emplois salariés depuis au moins 1994, notamment dans l'industrie, malgré une pléiade d'aides
publiques et une baisse "moins marquée" au quatrième trimestre.L'économie a enregistré son septième
trimestre consécutif de baisse de l'emploi salarié fin 2009, de -56.500 (-0,4%), selon un chiffre provisoire publié vendredi du département statistiques du ministère de l'Emploi
(Dares).Les syndicats du groupe pétrolier se sont réunis dans la journée pour décider d’une
action nationale, alors que l’avenir de la raffinerie de Dunkerque, actuellement à l’arrêt, est en suspens. Mais l’intersyndicale veut que
"Total revienne à la légalité" en convoquant un CCE, alors que le groupe a annoncé lundi qu’il reportait de six mois sa décision sur une
éventuelle fermeture du site.
Alors soutenons un mouvement qui dépasse la raffinerie de Dunkerque !
La raffinerie des Flandres, qui emploie 370 salariés directs et 400 à 450 sous-traitants, est à l’arrêt depuis
septembre 2009. Ses salariés sont en grève depuis le 12 janvier et ont menacé de "prendre possession des lieux" si la direction ne redémarrait
pas la raffinerie avant le mi-février.
Total explique que l’arrêt du site de Dunkerque depuis septembre 2009 a été décidé pour faire face à une
"baisse structurelle et durable de la consommation de produits pétroliers". Selon la direction, "les évolutions attendues du marché ne
permettent pas d’envisager aujourd’hui une amélioration de la situation" ... même si le groupe s’est engagé "à garantir à chaque collaborateur un emploi chez
Total".
Halte aux suicides dans nos entreprises ! Faisons circuler la pétition
pour protéger nos emplois, et surtout nos vies de salariés, cadres ou non cadres, le stress nous concerne !
Actuellement, à voir sur les
écrans : FRANCE3 La mise
à mort du travail Une série documentaire de Jean-Robert Viallet Sur une idée de Christophe Nick (cliquer sur le lien). Résumé de la première partie : dans un monde où l’économie n’est plus au service de l’homme mais l’homme au service de l’économie, les objectifs de
productivité et les méthodes de management poussent les salariés jusqu’au bout de leurs limites. Jamais maladies, accidents du travail, souffrances physiques et psychologiques n’ont atteint un
tel niveau. Les histoires d’hommes et de femmes que nous rencontrons chez les psychologues ou les médecins du travail, à l’Inspection du Travail ou au conseil de prud’hommes nous révèlent combien
il est urgent de repenser l’organisation du travail. Résumé de la deuxième partie : alors que la crise fait vaciller le capitalisme financier, La Dépossession raconte l’extraordinaire pouvoir des
actionnaires sur le travail et les travailleurs. L’histoire nous transporte d’une usine Fenwick – un fabricant industriel de matériel de manutention implanté dans le centre de la France –
jusqu’aux arcanes de la finance new-yorkaise. Petite entreprise française née il y a 150 ans, Fenwick est racheté en 2006 par l’un des financiers les plus redoutés des États-Unis, Henry Kravis.
Un homme à la tête du fonds d’investissement KKR, dont les ventes annuelles dépassent celles de Coca-cola, Disney et Microsoft cumulées. Avec ce rachat, pour les salariés français de Fenwick, la
donne va radicalement changer. Cette même histoire se déroule dans des dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde…
Je clique sur le bouton bleu pour signer la pétition.
ASSEMBLEE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
TREIZIEME LEGISLATURE
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Déposée le 7 octobre 2009
PROPOSITION DE RESOLUTION
tendant à la création d’une commission d’enquête sur les conséquences sur la santé des salariés des restructurations permanentes, des nouvelles formes d’organisation du travail et méthodes de gestion du personnel à France Telecom comme dans l’ensemble des secteurs de l’économie nationale
Présentée par :
Monsieur Roland MUZEAU, Madame Marie-Hélène AMIABLE, Monsieur François ASENSI, Madame Martine BILLARD, Messieurs Alain BOCQUET, Patrick BRAOUEZEC, Jean-Pierre BRARD, Madame Marie-George BUFFET, Messieurs Jean-Jacques CANDELIER, André CHASSAIGNE, Jacques DESALLANGRE, Marc DOLEZ, Madame Jacqueline FRAYSSE, Messieurs André GERIN, Pierre GOSNAT, Maxime GREMETZ, Jean-Paul LECOQ, Roland MUZEAU, Daniel PAUL, Jean-Claude SANDRIER, Michel VAXES
Député-e-s
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EXPOSE DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
France Telecom, n’en finit pas de défrayer la chronique. Mais il n’est plus question de vanter la formidable réussite de la mutation industrielle de l’opérateur téléphonique, ni de saluer le passage des valeurs supposées dépassées du service public à celles plus modernes du marché, et encore moins de congratuler son PDG pour ses performances, sa stratégie, son prix du manager de l’année…
Sur le devant de la scène, cette fois, la violence de la situation faite au travail aux salarié(e)s de ce géant. Les méfaits sur la santé psychologique des hommes et des femmes de cette marche forcée vers la financiarisation érigée en dogme. Le mal être généralisé des agents remerciés hier par un ex-PDG pour leur " effort gigantesque " et dont l’ " exceptionnelle capacité d’adaptation " était reconnue par un ancien ministre.
Après EDF, IBM, Renault, le ministère de l’Equipement ou de la Justice, cette ancienne entreprise publique est de nouveau confrontée au suicide de ses salariés, le vingt-quatrième depuis février 2008.
Certains dirigeants succombent encore à la tentation de banaliser cette situation - le taux de suicide chez les salariés de France Telecom n’est guère plus élevé que la moyenne nationale -, se laissent aller à parler de " mode du suicide ", renvoient ces actes désespérés à la vulnérabilité psychologique individuelle, aux difficultés rencontrées par le salarié dans sa sphère privée. Si effectivement les causes d’un suicide peuvent être plurielles, " expliquer ainsi le geste comme le font les directions, c’est s’appuyer sur une coupure entre vie personnelle et vie au travail. Or, sur le plan psychique, elle n’existe pas. Quand quelqu’un souffre au travail, cela vient dégrader sa vie personnelle " insiste Christophe Dejours, titulaire de la chaire " Psychanalyse, santé, travail " au Conservatoire national des arts et métiers.
La lecture de ce psychanalyste nous enseigne également " que le nombre de suicide ici n’a guère d’importance. Un seul suicide sur les lieux de travail, ou manifestement en rapport avec le travail, c’est en fait toute la communauté de travail qui est déjà en souffrance. " … " Un suicide classé sans suite accroît les risques pour la santé mentale de ceux qui restent " prévient-il. Manifestement, les nombreux travaux réalisés depuis une quinzaine d’années autour de la souffrance au travail n’ont pas pénétré France-Telecom.
Au-delà des suicides et avant même ceux-ci, la direction de France Telecom comme l’Etat actionnaire peuvent difficilement soutenir qu’ils ne savaient pas les problèmes rencontrés par une majorité de salarié.
Pire encore, les nombreuses alertes émanant là de médecins du travail, là d’expertises initiées par les Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) quand elles n’était pas contestées en justice par la direction, faisant toutes état de la dégradation de la santé des salariés, " d’un mal vivre au travail " " d’une situation profondément perturbée " " sérieuse et générale " liant celle-ci " aux évolutions organisationnelles successives " et à " l’intensification du travail " ont été systématiquement ignorées. Le travail de l’observatoire du stress, crée à l’initiative de certains syndicats, n’a pas eu plus d’écoute. Ces drames étaient pourtant évitables.
Dans un communiqué du 1er octobre 2009, le SNPST (syndicat national des professionnels de la santé au travail) confirme avoir été entravé dans ses missions dès lors que l’action des médecins du travail n’étaient " pas conforme à la doctrine managériale ". Il déplore aussi que leur indépendance soit régulièrement menacée et confirme les démissions de nombreux professionnels de santé ces deux dernières années. Il est légitime que la représentation nationale puisse faire la lumière sur de tels faits aux conséquences dramatiques sur la santé des salariés de France Telecom et désigner les responsables de ces entraves au bon fonctionnement du service de santé au travail. Pourquoi les pouvoirs publics ont-t-ils été aussi complaisants vis-à-vis de la direction en laissant fonctionner sans agrément le service autonome de médecine du travail ?
Comment justifier un tel déni, cet attentisme, cette abstention fautive dans la prise en compte de cette réalité, l’absence d’actions de prévention primaire pour prévenir la souffrance psychique ?
Les faits dramatiques de ces dernières semaines n’ont pas laissé d’autres choix au gouvernement et à l’exécutif de France Telecom que de démissionner le directeur France et d’accepter enfin de jouer la carte de l’expertise, de la négociation interne sur des thèmes aussi centraux que les conditions de travail, l’organisation du travail, l’accompagnement à la mobilité…Il n’en reste pas moins que les syndicats demeurent inquiets, circonspects quant au peu de chance de réussite de ces négociations. Il est vrai que les mesures dites d’urgence prises d’ores-et-déjà par la direction ne semblent pas témoigner ni d’une réelle prise de conscience de l’ampleur du phénomène des souffrances psychiques ni d’une volonté de changer de méthode. Pour exemple, les mobilités sont suspendues temporairement. A n’en pas douter la création de la commission d’enquête que nous appelons de nos vœux serait un signal fort en direction de France Telecom l’invitant à rompre avec les mesures d’affichage, de replâtrage, de pseudo-prévention comme les cellules d’écoute.
Ces drames humains, ces suicides et tentatives de suicide symboliquement commis sur le lieu de travail, ou accusant explicitement le travail, " l’enfer devant l’écran "" le management par la terreur " " l’acharnement à faire partir les gens " interrogent directement le travail, son organisation, la dégradation des conditions de son exercice, sa déshumanisation et la perte de sens, les méthodes de management et de gestion…Comprendre ce qui ne va plus dans le travail c’est aussi accepter de le transformer, de remettre en cause les logiques à l’œuvre.
Or, pour France Telecom et l’Etat actionnaire majoritaire c’est là que se noue le problème car cela impliquerait de reconnaître que le changement de statut, les réorganisations permanentes, les objectifs annuels de réduction d’effectifs, le management agressif, la mobilité forcée…toutes ces logiques internes à l’entreprise pour satisfaire les impératifs du marché, faire du " cash " ont été néfastes pour la santé des salariés.
A France Telecom comme dans les autres entreprises d’ailleurs, la souffrance au travail, les suicides, ne doivent rien au hasard. La littérature, les études abondent sur l’émergence, la généralisation des troubles psychosociaux. La relation de cause à effet entre la montée de ces troubles et l’évolution de l’organisation du travail, la croissance des activités de service, l’entrée dans les entreprises de modes violents de management n’est plus à faire.
On constate depuis plusieurs années, une véritable dégradation des conditions de santé des salariés, une augmentation des souffrances au travail. Une étude de la DARES de mai 2004 rend le travail responsable d’un problème de santé sur cinq.
Le travail tue, blesse et rend malade, à raison de deux morts par jour dus à des accidents, de huit morts par jour dus à l’amiante, de deux millions et demi de salariés exposés quotidiennement à des cocktails cancérigènes, de millions d’hommes et de femmes constamment poussés aux limites de ce qu’un être humain peut supporter, moralement et physiquement. Et encore ces données de l’assurance maladie sont sous-estimées.
En cause aussi, les modes d’organisation du travail totalement précarisé. Pour Dominique HUEZ, médecin du travail, "les conséquences de la précarité sur la santé sont liées aux contraintes majeures pour les salariés, générées par l’organisation du travail, qui ont un impact sur la sphère physique et psychique ".
Tel est le cas du modèle de production qui fragilise le plus les salariés, que l’on peut appeler en français le "flux tendu ", et qui correspond en réalité à un modèle de gestion d’entreprise initié au Japon dans les années 70, avant d’être théorisé au début des années 90 aux Etats-Unis par James P. Womack et Daniel T. Jones, le "lean production ".
Cette méthode de gestion repose sur le principe de l’accroissement permanent de la capacité de production en diminuant le plus l’ensemble des dépenses qualifiées par ses théoriciens de "gaspillages ", couplée à une exigence temporelle de "juste temps ", qui impose le travail à flux tendu, la flexibilité des horaires, et le recours aux contrats atypiques, particulièrement à l’intérim.
Ce mode de gestion, qui s’accompagne de bouleversements managériaux n’est pourtant pas sans conséquence sur la santé des salariés. Une étude européenne de 2000, reprise par la "Revue de Santé Publique " montrait que les organisations ayant appliqué ces méthodes de gestion, exposaient d’avantage leurs salariés à l’ensemble des souffrances physiques et psychiques que des salariés soumis à d’autres formes d’organisation du travail. Ainsi, dans les entreprises soumises au "lean production ", ils seraient 66% des salariés à déclarer que le travail affecte négativement leur santé, contre 60% des salariés soumis à d’autres formes de gestion.
Cette précarisation du travail accompagne un autre mouvement, son intensification. L’intensification du travail, dont on a pu croire qu’elle allait progressivement disparaître avec l’émergence des technologies nouvelles s’est en fait accrue considérablement car elle est, comme le souligne Laurence THERY – Inspectrice du travail et auteur du livre "Le travail intenable " – "au cœur des transformations touchant à l’organisation du travail et de la production. Cette intensification apparaît comme l’une des principales conséquences d’une gestion à flux tendu. Dans les entreprises soumises à de telles méthodes de management et d’organisation du travail hérité de la logique de flux tendu (lean production notamment), les pressions temporelles se sont accrues et imposent aux salariés des contraintes qui sont parfois contradictoires comme la rapidité du travail, et la qualité.
Par ailleurs, l’accroissement de la charge de travail revêt également la forme de la multiplication des heures supplémentaires, qu’elles soient ou non rémunérées, qu’elles soient volontaires ou contraintes. Et ce d’autant plus que ces pratiques, qui ne concernaient qu’une partie des salariés (les cadres) se sont aujourd’hui généralisées à l’ensemble du salariat.
Les salariés sont alors tenus entre deux contraintes, l’une professionnelle de réalisation des objectifs – notamment parce qu’une part de la rémunération peut être assujettie à la réalisation de ces objectifs – et la protection de leur propre santé.
Il résulte de l’intensification du travail, couplé à la précarité de l’emploi et du travail, une impossibilité d’opérer des choix clairs et raisonnés en terme de santé, ce qui a fait dire à Stéphane Le Lay – sociologue du travail – que "l’intensification du travail, faute de régulation sociale, semble n’avoir pour limite que les possibilités physiologiques et psychologiques des individus ".
Car paradoxalement, alors que les nouveaux modes de direction des personnels tendent à faire croire que les salariés disposent d’une plus grande autonomie, on observe la réduction des marges de manœuvre des salariés dans la réalisation concrète de leur travail. Les salariés ne peuvent alors plus élaborer des stratégies leur permettant de concilier objectifs professionnels et préservation de la santé, comme le soulignait Christophe DEJOURS dans son livre "Usure mentale ", publié en 2008.
En outre, en raison même de la structure économique libérale, pour laquelle les fusions ou les acquisitions d’entreprises sont devenues une finalité en soi, les lieux de décision sont souvent éloignés des lieux d’exécution. Cela est particulièrement le cas lorsque la direction de l’entreprise se situe à l’international. Cela peut renforcer le sentiment d’isolement des salariés, et ce d’autant plus que les entreprises dans lesquelles ils travaillent peuvent être détenues non plus par une personne ou une famille, mais par un ensemble d’actionnaires.
D’autant que ce mouvement de concentration d’entreprises ne s’est pas accompagné d’avancées démocratiques permettant aux salariés, au travers leurs représentants, de disposer de lieux de dialogue, de concertation et de décision. Cela accentue le sentiment de "désincarnation de l’autorité hiérarchique ", et les décisions qui s’imposent aux salariés, apparaissent – souvent légitimement – comme principalement dictée par une logique spéculative, en lieu et place d’une logique industrielle.
La suppression de l’ensemble des mécanismes de protection et droits collectifs ( suppression des horaires collectifs de travail, accroissement de la part variable de la rémunération, individualisation des objectifs parfois déconnectés de toute réalité, et ne tenant pas compte des objectifs réalisés dans le passé) aggrave le sentiment d’isolement du salarié.
Cette individualisation du travail est l’émergence d’une "réelle atomisation du travail et des rapports sociaux "
Plus le patronat demande l’individualisation des relations de travail, plus il exige de ses salariés qu’ils fassent preuve d’initiative, plus il limite le champ de leur autonomie.
Il suffit pour s’en convaincre d’observer comment à France Télécom, les nouvelles technologies ont permis de réduire considérablement le pouvoir de décisions et d’initiatives des salariés. A titre d’exemple, alors que la direction imposait aux cadres de l’entreprise la fameuse règle du "Time To Move ", ( " le temps de se déplacer " ) qui les obligeait à subir une mutation tous les 3 ans, les demandes de mobilité choisies par les salariés étaient elles, au contraire, toutes bloquées. De la même manière, les salariés opérant dans des plateformes téléphoniques, sont contraints à respecter des scripts et scénarii très précis auxquels ils ne peuvent déroger.
En réalité, la seule part d’autonomie laissée aux salariés réside dans les choix qu’ils doivent opérer entre les différentes méthodes de contournement de la législation, mais surtout, de contournement de leurs propres limites, capacités ou besoins, renvoyant leurs éventuelles difficultés à leurs propres décisions.
C’est d’ailleurs en se fondant sur cette logique de "responsabilité " des salariés que s’assoit le mode de management par la souffrance. Les attentes des équipes de direction sont d’autant plus grandes que les salariés sont livrés à eux-mêmes. On leur demande tour à tour d’être des exécutants, des initiateurs, et de s’engager personnellement dans leur activité professionnelle, un peu comme s’ils étaient eux-mêmes des entrepreneurs dans leurs établissements. A ceci près que, contrairement à l’entrepreneur, l’employé ne dispose pas de l’opportunité de faire ou de ne pas faire, "d’y aller ou de ne pas y aller ", tout comme ils ne disposent pas de la jouissance des fruits de leur activité.
Cet investissement du salarié passe encore une fois par une individualisation de la gestion des personnels. Si tous doivent se comporter comme des "auto-employeurs ", alors, les autres salariés de l’entreprise sont au mieux des personnes "à côté de ses propres objectifs ", au pire, "des concurrents ", particulièrement lorsque la rémunération est en partie assise sur la réalisation de ses propres objectifs, ou que planent dans l’entreprise, des menaces de restructuration.
Ce mécanisme de "sur-isolement " est générateur de troubles qui revêtent principalement deux formes. Une forme physique, principalement dans les postes impliquant des tâches répétitives, ou qui font appel à la capacité du salarié à surmonter des épreuves. Et une forme psychique (la dépression par exemple) pour les salariés qui se trouvent enfermés dans un conflit avec la hiérarchie.
Gérard Lasfargues, chef du département d'expertises en santé environnement du travail à l'Afsset reconnait "les consultations pour troubles psycho-sociaux ont été multipliées par quatre en cinq ans. Il s'agit du premier motif d'examen pour les femmes, et du troisième pour les hommes, après les maladies du système respiratoire et les cancers ".
Chez France Telecom, les métamorphoses de l’entreprise, sa privatisation, la dérégulation du secteur des télécommunications, l’obsession de la rentabilité, ne doivent pas être négligés parmi les causes d’un tel développement des risques psychosociaux.
Les agents ont largement accompagné ce grand saut, ils se sont adaptés en acceptant de changer de métier, de lieu de travail, même si pour beaucoup, profondément attachés à la culture du service public, au travail bien fait, les nouveaux modes de fonctionnement n’étaient plus compris. Mais l’histoire s’est accélérée, les salariés ont perdu toute visibilité sur la viabilité de leur service, toute perspective concernant leur avenir professionnel. En cause là, les restructurations permanentes, les fermetures de site avec l’explosion des collectifs de travail, l’appel grandissant à la sous-traitance, la désorganisation du travail, les mutations glissées, sans parler des pressions permanentes sur certaines catégories de salariés ( mères de famille de plus de 50 ans) pour qu’ils quittent " volontairement " l’entreprise…
En cause aussi " le management par la terreur ", " par l’incertitude ", les méthodes inhumaines coupées des réalités du travail.
Ces pratiques dénoncées de longue date unanimement par les organisations syndicales mais que certains feignent aujourd’hui de découvrir justifient si besoin était encore que les parlementaires que nous sommes puissent expertiser les méthodes en cours, rendre lisibles leurs conséquences psychiques et sociales afin de les remettre en cause et prévenir ainsi collectivement d’autres atteintes à la santé de l’ensemble des salariés.
Si France Télécom a servi, comme l’affirme Pierre KHALFA de "banc d’essai à la libéralisation des services publics ", il n’y a pas de doute à avoir sur les conséquences qu’auront l’application de ces méthodes à l’ensemble des services publics que le Gouvernement, sous couvert de directives européennes, entend privatiser.
L’application des règles de la concurrence, parce qu’elles sont contradictoires avec la logique même de service public, ne peuvent avoir que des conséquences néfastes sur la qualité du service, comme sur la santé de ceux qui en sont au cœur.
Si l’application des règles concurrentielles à des secteurs jusqu’alors épargnés peut être insatisfaisante au regard des attentes du public, ces règles peuvent également porter atteinte à la santé des salariés. Cette question, de la mutation des entreprises ou des acteurs de services publics vers une logique libérale de "service tout court " inquiète, particulièrement à l’heure où le Gouvernement organise, projets de lois après projets de lois, la concurrence de l’Etat par l’Etat, et entend transformer par exemple, les hôpitaux en de véritables entreprises de soins.
A n’en pas douter, la recherche perpétuelle des économies, contre l’intérêt des usagers, aura sur les agents de ces services publics, les mêmes conséquences que la soumission de double contrainte "rapidité-qualité " dont sont victimes les salariés des entreprises privées y compris celles récemment privatisées.
Les cas tragiques de souffrances au travail, révélés à France Télécom doivent interroger le législateur. Particulièrement au moment où il s’apprête à prendre de nouvelles décisions stratégiques de grande importance dans une entreprise qui fut jadis, un acteur du grand service de communication
Toutes ces raisons, Mesdames, Messieurs, justifient l’adoption de la proposition de résolution suivante.
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PROPOSITION DE RESOLUTION
Article unique
Il est crée, en application des articles 137 et suivants du règlement de l’Assemblée nationale, une commission d’enquête parlementaire de 30 membres en vue de tirer les conséquences des
restructurations permanentes, des nouvelles formes d’organisation du travail et méthode de gestion du personnel sur la santé des salariés de France Telecom.
Objectifs irréalisables, évaluation individuelle des performances, des primes qui en découlent mais qui dépendent aussi des résultats de " l’équipe " de travail. La mobilité forcée, le trop
fameux " Time to move " appliqué aux cadres tous les trois ans … En 2004 déjà, Dominique Decèze, auteur de " la machine à broyer - quand les privatisations tuent " faisait ce lien. Aujourd’hui,
Ivan du Roy dans son ouvrage " Orange stressée " pointe à sa manière la responsabilité des " mécanismes directement liés aux évolutions de l’entreprise ", le passage " d’une culture de service
public à une machine à cash ". Pour satisfaire les objectifs commerciaux et financiers, réduire la dette, augmenter les bénéfices et la rémunération des actionnaires, n’a-t-on pas encouragé une
politique froide et drastique de réduction des coûts menée de main de maître par la direction ? Le plan NEXT c’est 22 000 suppressions d’emplois en trois ans, c’est 5,2 milliards d’euros de
bénéfices en 2008 et des dividendes en augmentation de 38%., comme le soulignait Danièle LINHART dans un article du "Monde diplomatique de Mars 2006)." Comment imposer un travail sur la
prévention primaire, celui lié à l’organisation et au management, alors que cela fait partie de la politique de France Telecom d’user de la souffrance pour faire partir les gens ? " résume un élu
CFE-CGC au conseil national d’hygiène et de sécurité et des conditions de travail. France Telecom comme tout employeur n’est –il pas tenu par une obligation de santé-sécurité, obligation de
résultat incontournable englobant la protection contre le stress, les risques psychosociaux ? En partie par le fait que les conséquences de ces risques ne sont pas reconnues comme des maladies
professionnelles ou des accidents du travail et qu’ainsi de fait, les employeurs n’ayant pas à supporter financièrement le coût de leur réparation ne sont pas incités à les prendre en compte. Le
manque de volontarisme de la puissance publique en matière de santé au travail comme pour imposer la reconnaissance de la pénibilité au travail n’est pas non plus sans incidence. Des indicateurs
auraient du retenir leur attention et donner lieu à réaction. L’absentéisme anormalement élevé tout d’abord, 20 jours par an en moyenne pour cause de maladie en 2008, 63 jours pour les non-cadres
dans les centres d’appel, les boutiques. La multiplication par quatre du nombre de démission entre 2004 et 2008.
Rompre avec l’individualisme !
"L'homme ne peut rien faire en bien ou en mal qu'en s'associant. Il n'y a pas d'armure plus solide contre l'oppression ni d'outils
plus merveilleux pour les grandes œuvres. " [ Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1903), père de la loi du 1er juillet 1901 sur les associations. La liberté syndicale a été reconnue en France
par la loi dit Waldeck-Rousseau de 1884.]
Même s’ils ne sont pas parfaits, les partis et les syndicats sont perfectibles. Ils sont la forme démocratique la plus élaborée, la plus
efficace, pour défendre les intérêts collectifs. L’actualité récente de certaines entreprises, les suicides, les risques psychosociaux, le stress des salariés confrontés aux réorganisations ou
aux restructurations, nous obligent à un constat : plus que jamais, l’organisation des salariés est indispensable, c’est une question de démocratie sociale.
Avant de nous interroger sur le faible taux de salariés adhérents à un syndicat, il serait important de s’intéresser aux rapports entre le
syndicalisme et la politique.
Ces rapports ont toujours été complexes. Pour les syndicats, il s’agit d’abord d’échapper à l’instrumentalisation de leurs actions de défense des
intérêts des salariés. Mais cette attitude défensive empêche de construire une alternative à gauche, et limite la force des mouvements sociaux. Cette méfiance se comprend à l’aune des expériences
passées. Personne n'a pris la mesure réelle de l’incidence de ce découplage de l’action de transformation de la société. Depuis la fin des années 1970, nous sommes passés d'un centre de décision
unique du mouvement de transformation sociale à deux centres de décisions distincts.
Il faut donc se poser la question : Comment construire un mouvement unitaire de transformation sociale ? La participation de la CGT au programme commun la conduit à freiner ses revendications
dans l’attente d’une élection qui porterait un président de gauche au pouvoir. C’était une erreur, de fond, car c’était renier l’essence même de l’action syndicale, et le résultat ne se fit pas
attendre, on assista à une rupture brutale des adhésions dans les années 1977. L'élection de 1981 et le cycle " illusions-désillusions " va confirmer le mouvement. Ceux qui ont vécu cette période
ont gardé en mémoire l'annonce par Mauroy de la politique de rigueur au congrès de la CGT à Lille, et les invitations marquées au syndicalisme pour qu'il mette de l'eau dans son vin.
C'est donc naturellement que le syndicalisme tire de ces périodes un enseignement de retenu face aux politiques. Une ligne de démarcation s’est construite à partir de ces années. Elle confine le
syndicat dans sa fonction syndicale de défense des intérêts des salariés, quel que soit par ailleurs le gouvernement en place et cherche à se dégager de toute emprise politique. Nous sommes ainsi
passés à deux centres de décisions distincts, complémentaires, mais qui s’opposent par une interaction commune qui ont deux fonctions distinctes. Ces contradictions se sont exacerbées dans les
périodes électorales et ou de participation gouvernementale, comme dans la période 1997-2002.
Il y a comme une obligation à remettre la question sociale au centre des réflexions de la gauche, mais dans un cadre collectif et sans tabous.
Des forums de la gauche sont une piste pour relancer ce débat, avec un fil rouge : Comment fonder un grand mouvement de transformation sociale ?
En effet, deux éléments se croisent et plaident pour la création d’un grand mouvement. On remarque que les questions sociales sont devenues des
questions politiques, et que les syndicats et les partis se sont retrouvés à s’intéresser à un même public confronté à des problèmes de transport, de logement, d'école, de travail, de salaire, de
garanties collectives et de citoyenneté, de discrimination, d’environnement, etc. L’erreur a été de penser que l’un serait le sous-traitent du second, le politique primant sur le syndicaliste.
Rappelons que si les partis donnent souvent l’image d’être coupés du terreau social, le syndicalisme est le seul capable de poser les questions économiques et sociétales qui intéressent l'avenir
de la société, dans une perspective sociale. C’est donc aux partis de se positionner, non pas à côté ou au-dessus des mouvements sociaux mais comme un élément générateur du mouvement social. Une
des réponses à ce nouveau positionnement est sans doute que les partis investissent le champ du social en gardant leur spécificité. C'est, semble-t-il, la condition pour ne pas être à côté ou
au-dessus des mouvements sociaux mais générateur de mouvement social. Si l’objet est le même : la société ; et l’objectif partagé : la transformation en vue d’une amélioration ; il ne doit pas y
avoir de confusion. Les syndicats exposent les réalités des problèmes de la société et réclament les améliorations inhérentes. C’est aux citoyens et à la politique de proposer des réponses et à
engager la bataille de la transformation. Aux syndicats de l'énergie de dénoncer la réalité de leur secteur et les risques de telle ou telle réforme, sur les moyens, la production, la sécurité du
personnel, mais c’est aux partis de définir la politique énergétique de la France. On a souvent eu l'occasion d’entendre des responsables syndicaux dire à certains patrons : vous avez le
syndicalisme que vous méritez, si vous le mettez au centre de la négociation il sera constructif et créatif. Je crois que le message vaut pour les responsables des partis. Si l’action politique
ne vise qu’à subordonner l’action syndicale, pire à l'instrumentaliser, alors le syndicalisme ne s'inscrira dans aucun type de rassemblement. Par contre, s'il est mis en responsabilité sur son
champ, il est capable de créer une réelle dynamique de transformation collective. C’est la condition pour inscrire à nouveau l’action syndicale dans le champ du mouvement et de la modernisation
de la société, dans son quotidien, immédiatement perceptible par les Français.
C’est aux partis de porter, politiquement, la question de la démocratie sociale. C’est sans aucun doute le meilleur moyen de permettre au
syndicalisme de s'investir en confiance. C'est à coup sûr le moyen d'éviter le type d'aberration que nous avons connu avec la loi Hue de modernisation sociale, accueillie du bout des lèvres pour
la seule raison que les syndicats n'y avaient même pas été associés. Cette loi a marqué le début d’une flexisécurité ou bien n’est-elle que le début d’une flexibilité et d’une régression sociale
pour les salariés : "Le 19 décembre 2001, le parlement a adopté définitivement la loi de modernisation sociale. Cette adoption est emblématique du sort et du contenu de l'ensemble de la politique
du gouvernement. Certes, il aura fallu un an et demi pour que cette loi finisse par être adoptée, au gré des problèmes politiques que le gouvernement a rencontré, notamment sur la question des
licenciements, de Michelin à Danone. Mais au final, elle a donc été adoptée, les députés PCF votant pour le même texte qu'ils avaient menacé de rejeter, non pas en fonction de principes – ils
n'en ont pas – mais en fonction de ce que leur autorisaient les circonstances politiques."
Même s’ils ne sont pas parfaits, les partis et les syndicats sont perfectibles. Ils sont la forme démocratique la
plus élaborée, la plus efficace, pour défendre nos intérêts collectifs.
Monday, June 1st, 2009
Goodbye, GM ...by Michael Moore
I write this on the morning of the end of the once-mighty General Motors. By high noon, the President of the United States will have made it official: General
Motors, as we know it, has been totaled.
As I sit here in GM's birthplace, Flint, Michigan, I am surrounded by friends and family who are filled with anxiety about what will happen to them and to the town. Forty percent of the homes and businesses in the city have been abandoned. Imagine what it would be like if you lived in a city where almost every other house is empty. What would be your state of mind?
It is with sad irony that the company which invented "planned obsolescence" -- the decision to build cars that would fall apart after a few years so that the customer would then have to buy a new one -- has now made itself obsolete. It refused to build automobiles that the public wanted, cars that got great gas mileage, were as safe as they could be, and were exceedingly comfortable to drive. Oh -- and that wouldn't start falling apart after two years. GM stubbornly fought environmental and safety regulations. Its executives arrogantly ignored the "inferior" Japanese and German cars, cars which would become the gold standard for automobile buyers. And it was hell-bent on punishing its unionized workforce, lopping off thousands of workers for no good reason other than to "improve" the short-term bottom line of the corporation. Beginning in the 1980s, when GM was posting record profits, it moved countless jobs to Mexico and elsewhere, thus destroying the lives of tens of thousands of hard-working Americans. The glaring stupidity of this policy was that, when they eliminated the income of so many middle class families, who did they think was going to be able to afford to buy their cars? History will record this blunder in the same way it now writes about the French building the Maginot Line or how the Romans cluelessly poisoned their own water system with lethal lead in its pipes.
So here we are at the deathbed of General Motors. The company's body not yet cold, and I find myself filled with -- dare I say it -- joy. It is not the joy of revenge against a corporation that ruined my hometown and brought misery, divorce, alcoholism, homelessness, physical and mental debilitation, and drug addiction to the people I grew up with. Nor do I, obviously, claim any joy in knowing that 21,000 more GM workers will be told that they, too, are without a job.
But you and I and the rest of America now own a car company! I know, I know -- who on earth wants to run a car company? Who among us wants $50 billion of our tax dollars thrown down the rat hole of still trying to save GM? Let's be clear about this: The only way to save GM is to kill GM. Saving our precious industrial infrastructure, though, is another matter and must be a top priority. If we allow the shutting down and tearing down of our auto plants, we will sorely wish we still had them when we realize that those factories could have built the alternative energy systems we now desperately need. And when we realize that the best way to transport ourselves is on light rail and bullet trains and cleaner buses, how will we do this if we've allowed our industrial capacity and its skilled workforce to disappear?
Thus, as GM is "reorganized" by the federal government and the bankruptcy court, here is the plan I am asking President Obama to implement for the good of the workers, the GM communities, and the nation as a whole. Twenty years ago when I made "Roger & Me," I tried to warn people about what was ahead for General Motors. Had the power structure and the punditocracy listened, maybe much of this could have been avoided. Based on my track record, I request an honest and sincere consideration of the following suggestions:
1. Just as President Roosevelt did after the attack on Pearl Harbor, the President must tell the nation that we are at war and we must immediately convert our auto factories to factories that build mass transit vehicles and alternative energy devices. Within months in Flint in 1942, GM halted all car production and immediately used the assembly lines to build planes, tanks and machine guns. The conversion took no time at all. Everyone pitched in. The fascists were defeated.
We are now in a different kind of war -- a war that we have conducted against the ecosystem and has been conducted by our very own corporate leaders. This current war has two fronts. One is headquartered in Detroit. The products built in the factories of GM, Ford and Chrysler are some of the greatest weapons of mass destruction responsible for global warming and the melting of our polar icecaps. The things we call "cars" may have been fun to drive, but they are like a million daggers into the heart of Mother Nature. To continue to build them would only lead to the ruin of our species and much of the planet.
The other front in this war is being waged by the oil companies against you and me. They are committed to fleecing us whenever they can, and they have been reckless stewards of the finite amount of oil that is located under the surface of the earth. They know they are sucking it bone dry. And like the lumber tycoons of the early 20th century who didn't give a damn about future generations as they tore down every forest they could get their hands on, these oil barons are not telling the public what they know to be true -- that there are only a few more decades of useable oil on this planet. And as the end days of oil approach us, get ready for some very desperate people willing to kill and be killed just to get their hands on a gallon can of gasoline.
President Obama, now that he has taken control of GM, needs to convert the factories to new and needed uses immediately.
2. Don't put another $30 billion into the coffers of GM to build cars. Instead, use that money to keep the current workforce -- and most of those who have been laid off -- employed so that they can build the new modes of 21st century transportation. Let them start the conversion work now.
3. Announce that we will have bullet trains criss-crossing this country in the next five years. Japan is celebrating the 45th anniversary of its first bullet train this year. Now they have dozens of them. Average speed: 165 mph. Average time a train is late: under 30 seconds. They have had these high speed trains for nearly five decades -- and we don't even have one! The fact that the technology already exists for us to go from New York to L.A. in 17 hours by train, and that we haven't used it, is criminal. Let's hire the unemployed to build the new high speed lines all over the country. Chicago to Detroit in less than two hours. Miami to DC in under 7 hours. Denver to Dallas in five and a half. This can be done and done now.
4. Initiate a program to put light rail mass transit lines in all our large and medium-sized cities. Build those trains in the GM factories. And hire local people everywhere to install and run this system.
5. For people in rural areas not served by the train lines, have the GM plants produce energy efficient clean buses.
6. For the time being, have some factories build hybrid or all-electric cars (and batteries). It will take a few years for people to get used to the new ways to transport ourselves, so if we're going to have automobiles, let's have kinder, gentler ones. We can be building these next month (do not believe anyone who tells you it will take years to retool the factories -- that simply isn't true).
7. Transform some of the empty GM factories to facilities that build windmills, solar panels and other means of alternate forms of energy. We need tens of millions of solar panels right now. And there is an eager and skilled workforce who can build them.
8. Provide tax incentives for those who travel by hybrid car or bus or train. Also, credits for those who convert their home to alternative energy.
9. To help pay for this, impose a two-dollar tax on every gallon of gasoline. This will get people to switch to more energy saving cars or to use the new rail lines and rail cars the former autoworkers have built for them.
Well, that's a start. Please, please, please don't save GM so that a smaller version of it will simply do nothing more than build Chevys or Cadillacs. This is not a long-term solution. Don't throw bad money into a company whose tailpipe is malfunctioning, causing a strange odor to fill the car.
100 years ago this year, the founders of General Motors convinced the world to give up their horses and saddles and buggy whips to try a new form of transportation. Now it is time for us to say goodbye to the internal combustion engine. It seemed to serve us well for so long. We enjoyed the car hops at the A&W. We made out in the front -- and the back -- seat. We watched movies on large outdoor screens, went to the races at NASCAR tracks across the country, and saw the Pacific Ocean for the first time through the window down Hwy. 1. And now it's over. It's a new day and a new century. The President -- and the UAW -- must seize this moment and create a big batch of lemonade from this very sour and sad lemon.
Yesterday, the last surviving person from the Titanic disaster passed away. She escaped certain death that night and went on to live another 97 years.
So can we survive our own Titanic in all the Flint Michigans of this country. 60% of GM is ours. I think we can do a better job.
Yours,
Michael Moore
MMFlint@aol.com
MichaelMoore.com
Bien que ce ne soit pas de leur faute, les travailleurs paient au prix fort les excès imprudents et cupides du monde des affaires, et en particulier de celui des banques ; le chômage explose, le travail précaire et la pauvreté se répandent, le pouvoir d’achat diminue, et la dette publique augmente.
La Confédération européenne des syndicats (CES) passe donc à l’offensive en faveur d’un nouveau Deal social en Europe avec un plan d’action en cinq volets :
Un vaste programme de relance destiné à offrir des emplois plus nombreux et de meilleure qualité, à protéger l’emploi dans les industries clés, à investir dans de nouvelles technologies durables
et à préserver les services publics essentiels.
De meilleurs salaires et de meilleures retraites, des états providence plus forts, des avantages plus élevés afin de protéger le pouvoir d’achat et des droits de participation efficace destinés à
stimuler les économies.
Mettre fin aux récentes décisions de la Cour de Justice européenne favorisant la liberté de marché par rapport aux droits fondamentaux et aux conventions collectives en confirmant les objectifs
sociaux du marché intérieur, et en garantissant l’égalité de traitement et l’égalité de salaires pour les travailleurs migrants " détachés ".
Une réglementation efficace des marchés financiers, une distribution équitable des richesses. Nous ne voulons pas voir de retour du capitalisme casino ou des habitudes prises ces 20 dernières
années sur les marchés financiers.
Une Banque centrale européenne attachée à la croissance et au plein emploi, et pas simplement à la stabilité des prix.
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