Partager l'article ! Politique du logement : le grand défi de la gauche du XXIème siècle.: Pour réaliser notre objectif de loger les Français, et mieux les loger ...
Pour réaliser notre objectif de loger les Français, et mieux les loger, il apparaît nécessaire de réconcilier le bâtiment et son environnement. Deux pistes semblent prometteuses, les bâtiments " nouvelles générations " (bâtiment à basse consommation ou BBC) et la densification.
Le bâtiment représente, en France, près de 40 % de la
consommation d’énergie finale et 25 % des émissions de gaz à effet de serre. (http://www.la-maison-ecologique.com/)Le secteur du bâtiment représente donc une priorité dans la lutte contre le réchauffement climatique. Par ailleurs la flambée du
prix des énergies fossiles entamée depuis près de trois ans fixe une autre priorité : diminuer sa dépendance aux énergies fossiles. Le contexte environnemental et économique actuel confère un
caractère d’urgence à ces deux objectifs et en font une priorité pour les années à venir. Ces deux objectifs, que nous devrons atteindre rapidement, se rejoignent et se caractérisent par une
démarche simple : économiser l’énergie en isolant les bâtiments ou utiliser au maximum les énergies renouvelables. Le but étant d’atteindre les objectifs que s’est fixée la France, c’est à dire
diviser par 4 nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.
Densifier apparaît comme une nécessité pour répondre à plusieurs critères (www.association-adql.net/.
La ville durable et solidaire : le grand défi de la gauche du XXIe siècle (Marie-Noëlle Lienemann, BN PS).
Pour combattre le changement climatique mais aussi pour préserver l’équilibre écologique des territoires comme les ressources naturelles, il est fondamental de
repenser complètement nos villes et l’aménagement du territoire. La révolution des pratiques doit à l’évidence partir d’un changement radical des modes constructifs des bâtiments, mais il serait
vain de s’en tenir là, sans modifier l’organisation même des villes.
En 2008, les transports représentent 27% de la production de gaz à effet de serre. Ils en sont le premier facteur et augmentent de façon alarmante. Viennent ensuite
les indus- tries (21%), l’agriculture (20%) et les bâtiments (18%). Autre facteur de destruction de l’environnement : l’artificialisation des terres qui pollue l’eau, menace la biodiversité ou la
diminution des terres agricoles si nécessaires pour nourrir l’humanité. Deux phénomènes se conjuguent : d’un côté, la baisse de la densité urbaine - entre 1975 et 1990, la densité urbaine a
diminué de 6,3%, la superficie moyenne de la ville augmenté de 18% tandis que la population s’accroissait de 9% -, de l’autre l’accroissement de la population dans les zones rurales, souvent en
périphérie des secteurs bâtis entre 1999 et 2007, plus de 33% des logements ont été construits dans des communes rurales et la population rurale croît d’environ 5% par an tandis que 60 000 ha /
an de terres agricoles disparaissent en France sous l’effet de l’urbanisation. C’est le foncier d’activité qui est le premier consommateur d’espace : 215 000 ha / an contre 55 à 70 000 ha pour le
logement. Il est prioritaire de stopper l’étalement urbain et de réaliser une ville plus dense sans qu’elle devienne pour autant concentrationnaire, oppressante ou qu’elle fragilise le " vivre
en- semble ". La ville durable doit être plus compacte, optimiser le sol utilisé pour construire un grand nombre de logements et permettre une cohabitation harmonieuse qui préserve l’intimité de
chacun. La forme urbaine est alors importante. La ville durable est aussi une ville qui réunit toutes les différences, socio-économiques et culturelles, qui combat la ghettoïsation, une ville où
l’accès aux transports en commun et aux équipements et services publics est par- tout aisé, égal pour tous. Elle doit enfin rompre avec les zones d’activités ou de bureaux homogènes sans
logements à proximité. La densité doit imposer partout une diversité des usages, des logements, en taille, en fonction sociale. Tout cela ne se fera pas " naturelle- ment ".
La loi doit fixer des contraintes partagées. Rien n’est possible sans repenser notre cadre d’urbanisme, les investissements publics, la régulation du foncier et de
l’immobilier, l’organisation d’une filière "construction durable, basse consommation ou bâtiments passifs ", sans refonder une nouvelle culture urbaine. Ainsi, la localisation des logements est
fondamentale pour combattre l’effet de serre. On sait que la transformation en habitat passif, d’un logement de 100 m2 construit selon la réglementation thermique actuelle, serait annulée par un
voyage en voiture de 20 km par jour et ce, 340 jours par an ! Bien sûr cela n’invalide en rien l’urgence de modifier radicalement la performance énergétique, tant dans le neuf que dans
l’ancien.
Le Grenelle de l’environnement prévoit que dés le 1er janvier 2013, tous les bâtiments neufs devront être BBC (basse consommation énergétique). Dans l’ancien, la
consommation d’énergie des bâtiments existants doit diminuer d’au moins 38% d’ici à 2020. Il est prévu de réhabiliter pour cette date au moins 800 000 logements HLM. Toutes ces mutations vont
permettre de créer des millions d’emplois. Encore faut-il dégager les financements indispensables, et promouvoir des technologies nouvelles en les rendant moins coûteuses, mais aussi développer
les énergies renouvelables. À l’heure actuelle, les surcoûts sont importants alors même que les dépenses de logement des Français représentent en moyenne près de 28% de leur budget. C’est plus
encore pour les foyers modestes et cela s’est considérablement accru depuis 7 ans. La spéculation immobilière, l’accroissement démesuré des prix du foncier en sont la principale cause.
L’augmentation des prix n’a pas servi la qualité du bâti ou l’amélioration du confort. Elle a accéléré l’étalement urbain, le départ des foyers modestes loin des centres-villes. La spéculation,
la hausse des prix du terrain et de l’immobilier non seulement renforcent la ségrégation sociale, freinent la réalisation de logements sociaux et la mise en œuvre du droit au logement pour tous,
ponctionnent le pouvoir d’achat, mais jouent à plein contre le développement durable. Il n’y aura pas de ville durable sans régulations, voir sans encadrement des prix de l’immobilier. Les
infrastructures nouvelles créent de la richesse. Elle ne saurait profiter aux propriétaires des terrains qui sont valorisés. La puissance publique est seule légitime à en bénéficier pour
l’intérêt général. Les collectivités locales vont être en première ligne pour " refaire la ville sur la ville ". L’impératif écologique n’est ni un retour en arrière, ni une somme de contraintes.
Mais il impose de changer. Inventons l’Urbanité Républicaine, la ville durable, une nouvelle civilisation urbaine.
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