Samedi 1 septembre 2007 6 01 /09 /Sep /2007 23:05

Les socialistes et la gauche n'ont pas fini de chercher une nouvelle voie qui passera obligatoirement par l'Europe des idées, l'Europe politique. Entre le 1er septembre et le 15 décembre, le parti socialiste va en interne répartir les postes aux élections municipales, en oubliant une fois encore que l’enjeu n’est plus de gagner ou de perdre en 2008, mais de savoir si le socialisme « gestionnaire et de posture » a encore une place dans une France qui se pose trois questions : Qui suis-je dans le concert des nations ? Comment puis-je assurer l’avenir des emplois les moins qualifiés donc mon avenir industriel ? Que va devenir mon modèle de solidarité nationale et au-delà ma conception du « vivre ensemble » ?

L’héritage, un parti en ordre de marche et une idéologie en phase avec la société…
Le 8 janvier 1996, François Mitterrand décédait. Le promeneur solitaire achevait un parcours politique commencé au sortir de la Seconde Guerre mondiale à droite, pour l’achever brillamment à gauche. Au fil d’une initiation semée de rencontres romanesques, politiques et intellectuelles (les archives de l’Institut François Mitterrand témoignent de plus de 200 audiences d’écrivains et intellectuels), il avait tout compris des limites d’une gauche fragmentée et dominée par le parti communiste. A partir de la convention des institutions républicaines (C.I.R), réunion de plusieurs clubs politiques issus de la gauche républicaine et socialiste, François Mitterrand aborde l'élection présidentielle de 1965 avec un allié communiste qui pèse depuis 1945 aux élections législatives entre 22,06 % et 21,84 % des suffrages. Entre le congrès d’Epinay et mai 1981, l’homme de la IVème République à force d’obstination et de patience avait construit la formidable machine électorale de la gauche qu’était devenu le Parti socialiste. Ce parti avait un leader, un allié, un programme commun et des relais dans la société.

Les héritiers, des gestionnaires du présent qui ne décident pas pour l’avenir…
Ni en 1996, ni en 2002, les responsables de la rue de Solferino n’ont voulu engager leur capacité dans la réforme des idées. Je ne parle ni de Jacques Delors, en avance sur son temps, ni de jeunes politiciens, tel Vincent PEILLON ou Thierry MANDON, ou encore Gaëtan GORCE, qui n’ont pas été compris jusqu’à l’arrivée de Ségolène ROYAL.  En 2002, les français ont dit clairement leur rejet d’un parti socialiste devenu le parti de la gestion des crises économiques et non de la transformation. Cette forme de socialisme résigné avait déserté la compréhension des nouveaux paradigmes de la société. A la question des risques générés par la société post-industrielle, Alain Touraine annonce une menace sur la citoyenneté et même sur la démocratie dans la mesure où les facteurs d’intégration essentiels, la connaissance et l’information, deviendraient l’apanage d’une minorité de spécialistes. Face à cette transformation de notre société, nous sommes demeuré bien timide sur les réponses politiques à apporter. Je fais le choix de répondre que nous avons renoncé à transformer la société par perte de vocabulaire engagé et de philosophie renouvelée de l’identité socialiste. Un malaise identitaire qui demeure depuis la désillusion de 1983, le départ des ministres communistes du gouvernement de Pierre MAUROY (Premier ministre de 1981 à 1983), et la défaite de 2002. Nous savons gérer nos défaites, nous devons apprendre à retrouver les chantiers de la transformation sociale.

Le tournant des « Nouveaux adhérents », c’est quoi ?
En mars 2006, le Parti socialiste ouvre les portes de ses structures locales, les sections. De 100.000 adhérents, le parti socialiste en compte actuellement trois fois plus, soit 300.000. Un succès qui n’est pas apprécié par tous. Ils sont quelques-uns à s’inquiéter pour les résultats des votes lors des prochaines désignations internes et le Congrès annoncé en 2008. Les deux tiers de ces hommes et de ses femmes, qui ont récemment adhérés, sont politisés par intérêt pour ce qui touche à l’avenir de leur pays, et sont portés par une sensibilité nouvelle. Elle mêle la solidarité, la préservation d’un modèle de protection sociale et une nouvelle pratique de la politique, un modèle qui dépasse la simple adhésion partisane. Un nouvel adhérent c’est une série de questionnements et d’envies de participer, une interactivité des relations qui est aux antipodes de l’organisation verticale du parti. En novembre 2006, c’est une femme et une équipe, d’élus ou non, qui comprennent la rénovation en marche, c’est Ségolène ROYAL et Désirs d’avenir. Le 16 novembre, contre toute attente, ils triomphent. La rénovation est en marche malgré les futures trahisons distillées dans la presse.

L’avenir à gauche, un parti démocrate, social, fondé sur l’égalité des citoyens dans une société laïque…
Il existe en France un centre gauche non constitué, avec des citoyens attachés à des valeurs et à une tradition fondées sur un humanisme sincère. C’est une droite tolérante et qui se qualifie de sociale. Il y a au parti communiste et plus à gauche des électeurs désemparés par notre incapacité à redonner l’espoir par le mérite et le travail, d’accéder à la classe moyenne. Ce sont les deux objets politiques à traiter par celle qui peut prétendre à retrouver les échéances présidentielles de 2012. Le nouveau socialisme se définit comme la source d’une démocratie sociale volontariste, qui ne renie pas l’égalité des citoyens et une laïcité active et civique. C’est une « démocratie sociale à la française », conquérante et inspirée par la tradition de l’Internationale socialiste. Ségolène ROYAL a un atout majeur pour participer à l’écriture du socialisme du XXIème siècle. Après le Front populaire en 1936, le changement de société en mai 1968, la victoire de mai 1981, l’arrivée d’une femme comme présidente de la République française est le quatrième choc culturel nécessaire à l’évolution de la société à laquelle j’appartiens et que je porte comme citoyen. Le Modem est un parti de centre gauche qui ne dit pas son nom. Ce qui nous rassemble c’est l’humanisme de notre écriture de la réforme. Nous sommes unis dans un réformisme à visage humain, où la libre entreprise associe l’intérêt général. Ne faisons pas l’économie d’aucun de nous, du talent de Bertrand DELANOË à la passion de la rénovation de nos jeunes élus, Vincent PEILLON, Gaëtan GORCE, Sandrine MAZETIER, il y a un enjeu de rénovation majeur, que le parti conserve la parole aux militants, tous exigeants, parce que socialistes !

Socialiste engagé, citoyen averti, j’ai une exigence de renaissance pour mon pays.
Au cours des dernières décennies, les façons d'administrer nos démocraties européennes sont devenues plus complexes et problématiques. L'idée selon laquelle le gouvernement agit seul en se fondant sur l'autorité qui lui est conférée par la loi pour légitimer ses actions ne tient plus tout à fait. Bien entendu, les gouvernements conservent leur autorité constitutionnelle et juridique, mais ils ont plus de mal à gérer les problèmes au moyen des structures hiérarchiques traditionnelles. Empruntons le chemin des italiens, en passant par un rassemblement des électeurs de gauche, du centre gauche à l’extrême gauche, à l’image de l’analyse faite sur les raisons de la recomposition de la gauche italienne par le secrétaire des Démocrates de gauche, Piero FASSINO. Une nouvelle renaissance politique à l’italienne ne troublerait personne. Je veux bien croire qu’un centre avec un poids réel soit utile pour affirmer une démocratie représentative, mais l’émergence d’une force réformatrice avec une alliance large nécessite une gauche qui représente une véritable alternative, cohérente et audible sur tous les sujets, du social, de l’économie, de l’Europe en passant par la sécurité.

Le parti socialiste sera le moteur de la gauche réformatrice ou restera pour dix ans spectateur du démantèlement des droits sociaux, de la société dont nous sommes les héritiers, une société laïque, solidaire et humaniste.

Par hakim et vincent - Publié dans : DEBATS SOCIALISTES
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