Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 14:03
Chaque début d’année, les parents adoptent le même rituel et sont envahis  par les mêmes angoisses. Un rituel s’installe dans les grandes agglomérations, il s’agit de la rentrée scolaire de leur enfant. La fameuse “carte scolaire” ne fait que le bonheur d’un petit nombre d’entre eux. Ils la déteste, essaient de la contourner Non seulement, il faut être domicilié près d’un établissement de qualité, mais il faut également que notre enfant soit un brillant élève. Effectivement, la carte scolaire ne s’applique que pour les élèves de maternelle, primaire et collège. Pourquoi ne pas l’avoir étendu au lycée? Car, il faut l’avouer pourquoi préférons-nous ce lycée plutôt qu’un autre. La réponse est simple, le taux de réussite au baccalauréat est impressionnant. Tout bon parent veut le meilleur et se rue au bureau de la scolarité pour avoir la chance d’y faire entrer son fils ou sa fille. 

Alors, c’est la compétition, les demandes de dérogation pleuvent, le rectorat en est inondé. D’autres sont plus malins, ils fabriquent des justifications de domicile bidon. Cette pratique n’est pas dissimulée et n’est pas non plus puni mais cette stratégie à un prix,  seules les familles aisées peut se le permettre. Alors, pendant la campagne présidentielle, les candidats ont voulu toucher l’électorat et ont décidé de prendre des mesures pour équilibrer cette inégalité en proposant d’aménager la carte scolaire, et même  la faire disparaître dans plusieurs années. Je pense que la carte scolaire est un faux problème. L’évolution de la société a permis aux personnes les plus défavorisées de poursuivre leur études jusqu’au baccalauréat, qu’il soit classique ou technique. Les études ont pris une place plus importante et les diplômes sont de plus en plus demandés. De cette manière, l’arrivée sur le marché du travail est plus tardive, et faire des études supérieures est de manière générale accessible à tous. Les mœurs se sont plus les mêmes et la loi a besoin de s’adapter à ce changement.

Augmenter de 16 à 18 ans l’âge obligatoire pour aller à l’école permettrait  d’équilibrer le niveau des établissements. En effet, si votre enfant doit être scolarisé, le directeur du lycée ne pourrait pas refuser l’entrée de votre enfant dans son établissement. De plus, l’application de la carte scolaire accentuerait cette impossibilité de refus. Ainsi, les lycées retrouveraient un niveau plus ou moins identique. Car la principale raison  pour laquelle nous préférons telle école plutôt qu’une autre est due au taux de réussite au diplôme de fin d’année qu’est le baccalauréat. Supprimer la carte scolaire revient à engendrer plus de compétitivité et à enfermer certains établissements dans des ghettos. Il est vrai qu’une école d’élite doit exister mais pas au détriment des autres. Les établissements pourraient créer des classes d’excellence qui seraient mentionnées sur le diplôme du baccalauréat. Les budgets étatiques prendraient en considération les difficultés de certains lycées et ajusteraient leurs subventions selon leur besoin. 

Donner une chance équitable à chacun peut ne pas rester une utopie mais une réalité si l’école apprend à s’adapter aux besoins des élèves et des parents. Pour que chacun puisse réussir, donnons leur une vraie chance.
Par Hakim et Vincent - Publié dans : JEUNESSE
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Commentaires

Relever l'âge de scolarité obligatoire implique en priorité de prendre le problème de l'enseignement professionnel à bras le corps. S'agissant de la carte scolaire, L.., si je comprends bien, propose non seulement de garder un système rigide mais de l'étendre aux lycées après avoir constaté que cette rigidité dans le contexte actuel pose un vrai problème. Curieuse logique mais sur ce dernier point, elle a raison. Nier cette évidence ne ménerait pas loin. Il ne faut donc commencer par supprimer les souplesses nécessaires au prétexte que les enfants défavorisés ne pourront pas en profiter mais voir comment leur en faire bénéficier. Il est vrai que la CS est commode pour la gestion d'un système scolaire très centralisé. Mais la liberté de choix donnée aux parents révèlerait mieux et plus efficacement la hiérarchie qualitative des établissements scolaires que n'est capable de le faire une inspection dont on connaît les faiblesses "congénitales". Cela ne doit pas faire peur et il ne sert de rien de casser le thermomètre pour soigner un malade. Des moyens devraient donc être données sous conditions particulières à chaque cas, aux établissements en difficulté pour leur donner une chance solide de se remettre dans le coup. Il reste que partant d'un diagnostic sérieux et concerté de ce qui ne va pas, il faut qu'il y ait une obligation de résultat liée à l'attribution de ces moyens. Bref, le système ne peut aller sans une responsabilisation forte et adéquate. S'agissant des enseignants, j'ai le sentiment que cela ne pourra aller bien souvent sans une rémunération au mérite nettement plus différenciée...mais je touche sans doute là à l'un des tabous qui font vaciller notre société. On aimerait néanmoins qu'au niveau de l'analyse, on puisse aborder les vrais problèmes sans se réfugier dans le langage bien convenu habituel. Gérard
Commentaire n°1 posté par Gérard Piketty le 21/07/2007 à 19h31

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