Dimanche 8 juillet 2007
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Bilan actuel : Depuis dimanche 6 mai et
l’élection de Sarkozy, la jeunesse se mobilise partout en France, pour contester non pas l’élection elle-même mais le projet libéral qu’il compte mettre en place. La seule
réponse apportée par le gouvernement a été la répression démesurée : arrestation massive et arbitraire, comparutions immédiates avec des peines de prison ferme jusqu’à 6
mois pour avoir eut le seul tort de manifester. Dès lundi, des AG se sont tenues dans plusieurs universités à Paris (Tolbiac, Sorbonne, Nanterre) mais aussi à Toulouse, Lyon, Lille et Caen. Les
AG à Tolbiac réunissant jusqu’à 800 personnes ont dénoncé les attaques que vont subir les étudiants et le monde du travail.
Platte forme des revendications :
1°/ L’éducation publique : la réforme des universités :
· L’autonomisation et la privatisation de
l’université : c’est-à-dire que la définition du contenu des enseignants passera par les entreprises lesquelles seront maîtres dans le choix du
contenu national du diplôme et celui des enseignants pour les facs et école. Le projet de Nicolas Sarkozy qui inquiète le
plus étudiants est sans conteste celui de l’autonomie des universités. Cette réforme, prévue pour juillet, vise à introduire une compétition accrue entre les universités. En voulant rénover la
gouvernance des universités, le gouvernement en place entend faire intervenir un conseil d’administration resserré composé d’un quart de personnalités extérieures : la cooptation de
personnes extérieures ne vise-t-elle pas à faire entrer le monde économique dans nos universités ?
· La sélection à l’entré de la fac et du M1 par dossier et par la hausse des
frais d’inscription : Ce projet de loi vise à faire disparaître les filières qualifiées par notre président
de « non rentables » par la hausse des frais d’inscription, avoisinant selon les filières 3500 euros ! C’est-à-dire que les études devront aboutir à un emploi, autrement dit on
transforme l’université en un BTS généralisé. Ce modèle se fonde sur une politique atlantiste selon laquelle seule les riches auront le droit de choisir leurs études, les autres devront se
soumettre au marché de l’emploi. Cette orientation sélective prévoit d’informer les étudiants sur leur chance de réussite et adapter les flux d’entrée en fonction des débouchés.
Mais, le choix d’étudier et une manière de s’affirmer, de se connaître et de choisir sa vie : qui mieux que soi peut décider de sa propre vie ?
· La mise en place des pôles
d’excellence : Encore une fois, la politique du gouvernement s’allie sur une politique atlantiste.
Cette réforme vise à développer certaines facs en « Facs d’élite » pour une minorité d’étudiants riches et des « Facs poubelles » pour le reste. Il faut voir aux Etats-Unis
les ravages de cette politique, puisque seuls ceux diplômés de ces campus ont un emploi, les autres ont certes un diplôme mais inexploitable sur le marché du travail. Là encore, ce qui est visé
c’est, certes une rentabilité, mais qui conduit à une régression sociale primaire, précaire et scandaleuse.
En conclusion, ce que le gouvernement prévoit c’est une sélection des études en fonction de leur rentabilité. C’est-à-dire que les
filières surchargées devront annoncer leur taux de réussit à trouver un emploi, et réorienter les étudiants en cas de « surcharge ». Ce seront les patrons d’entreprise qui définiront
les cursus et la recherche en fonction des demandes et besoins de l’entreprise. Mais, parce qu’une université ne se commande pas comme une
entreprise, parce qu’une université c’est la chance de réussite pour tous ceux qui désirent apprendre et étudier, parce qu’enfin, la fin d’une université c’est avant tout l’ouverture à la
culture, au savoir et à la recherche ; pour toutes ces raisons, une université se doit d’être et de rester libre. Ce que prévoit Sarkozy, pour juillet c’est la disparition des sciences
humaines, études qualifiées de secondaires se justifiant dans un interview : « l’état n’est pas obligé de financer les filières qui conduisent au chômage ».
2°/ Les attaques anti-sociales vont se multiplier :
· par la remise en cause du droit de grève : Ce droit, acquis par
l’histoire de lutte sociale, est le seul moyen de défendre nos intérêts face au patronat. Comment ? par un service minimum imposé, par un référendum pour casser les grèves en faisant voter
les salariés non concernés par la grève. Ce qui est entreprit ici, c’est la division des salariés, dans la mesure où il y aura deux fronts : les grévistes qualifiés de réfractaires et de
faignants et les autres se verront félicités pour leur docilité.
· par la casse du code de travail : mise en place du Contrat de Travail Unique, c’est-à-dire un CPE pour tous, avec toute la précarité qu’un tel contrat suppose pour les métiers de
l’hôtellerie ou de la restauration.
· exonération des charges sociales pour les heures supplémentaires : énième cadeau fiscal fait
au patronat. Mais une telle mesure, loin de favoriser l’emploi, entraîne des effets pervers, dans la mesure où les charges sociales seront en défaut, le patron aura
une pression sur ses employer les soumettant à la règle « travailler plus pour gagner plus ». En un mot : le trou de la sécu va s’accroître, l’emploi stagner, les fraudes se
multiplier.
Parce que nous croyons en une certaine justice sociale et un service public de qualité, nous refusons la politique libérale du nouveau
gouvernement. Parce que avons le modèle américain d’une telle politique, et nous savons qu’elle ne marche pas, nous rejetons une telle vision du monde. Nous sommes jeunes me direz-vous, mais nous savons que c’est à la jeunesse qu’appartient le changement et nous sommes pour une université publique
et gratuite, et ouverte à tous. D’autres peuvent nous objecter qu’il est trop tôt pour agir. Particulièrement à ceux-là, je veux leur dire que la qualité de Nicolas Sarkozy c’est de dire et de
faire ce qu’il dit, son objectif est clair : il veut faire passer ses lois de forces cet été en session parlementaire extraordinaire. La réforme sur les universités, fer de lance de son
projet, est la première de la liste.
Il nous faut donc nous mobiliser sans attendre : étudiants, travailleurs,
lycéens, sans-papiers, hommes et femmes qui refusez un monde fondé sur la rentabilité, la sélection massive, la compétition dans les écoles et qui défendez des valeurs sociales. Il nous
faut nous être solidaire pour organiser la riposte, imposer nos revendications et rester libre dans un pays libre !