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Economie, Social, Ecologie
l'éconologie pour réconcilier les
projets.
Blog d'Hakim CHALANE " ...l'essort de l'éconologie ne sera possible que grâce à des volontés politiques et populaires fortes." MyFacebook férencement instantané |
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Jeunesses, avec un « s ».
« Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain, qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d'équité, posés par le siècle finissant… » (Lettre à la Jeunesse par Emile Zola)
photographie 24/11 CET euronews
Un cinquième des Français constitue la jeunesse de France. 20 ans après la sociologie américaine, Edgar Morin dessinait les contours de la jeunesse française dans un ouvrage publié en 1967, Commune en France, la métamorphose de Plozevet : un allongement de la durée des études (le taux d'emploi des jeunes de moins de 25 ans est inférieur à 30%, contre près de 50% en moyenne dans les pays de l'OCDE) et l’apparition d'un taux de chômage des jeunes important ; une conséquence liée à la massification scolaire et à l'augmentation de la population étudiante. Ainsi, certaines caractéristiques intrinsèques de ce groupe social apparaissaient à la lumière de l’étude d’Edgar Morin : différence des parcours d'insertion entre jeunes diplômés et jeunes sans qualifications, entre garçons et filles, mais aussi entre jeunes français de toutes origines. Le caractère durable du chômage avec des crises économiques de plus en plus fréquentes obligea les pouvoirs publics à développer continuellement une panoplie de mesure pour insérer les jeunes dans l’emploi, pour aboutir parfois à un « véritable maquis institutionnel et juridique», qui nécessitera à son tour une nouvelle réforme du dispositif pour plus de lisibilité et d’efficacité. Mais cette réforme appellera à son tour un nouveau train de mesures pour former en définitive une véritable « bureaucratie » de l’insertion socioprofessionnelle. Au final, ce qui est mis en place en faveur des jeunes est très éloigné de leurs demandes, de leurs besoins et de leurs possibilités. Aussi, il est nécessaire qu’ils soient acteurs de leur avenir.
Léo Lagrange, le sous-secrétaire d’Etat aux sports et à l’organisation des loisirs sous le Front Populaire, ne disait-il pas « Il ne faut pas tracer un seul chemin, il faut ouvrir toutes les routes ». Alors plutôt que de réfléchir pour eux, ne serait-il pas préférable de réfléchir avec eux ?
Parmi la jeunesse, Il existe une autre jeunesse qui n’a pas accès à la politique, à l’économie, à la culture, et aux médias. C’est la France des…
Jeunes travailleurs ou de salariés précaires,
Jeunes apprentis, en contrat de professionnalisation ou lycéens professionnelles,
Jeunes chômeurs suivis en général par les missions locales,
Jeunes qui galèrent dans les cités HLM ou dans les villages,
Jeunes exclus (toxicomanes, sans domicile fixe, ayant fait de la prison,…),
Jeunes diplômés de milieu modeste, peu ou pas reconnus malgré leur mérite,
Jeunes endettés avant d’entrer dans la vie active.
Oui, la Politique, et la Gauche, puisque nous en sommes, doit pouvoir proposer à la jeunesse qui n’entrera pas dans la vie avec un patrimoine un véritable espoir d’évolution, des perspectives de changement. C’est la condition sine qua none pour retrouver un électorat qui se désespère dans les quartiers populaires ou les zones rurales désertées par l’activité économique. Ces jeunes sont la majorité silencieuse pour laquelle la politique a l’impérieuse nécessité de trouver les mots, les actes, les projets. A la lumière de la dernière étude du Secours Catholique (la première date de 1995) conduite à partir d'un échantillon de jeunes de 18-25, on découvre que pour 42,3% des jeunes interrogés ont pour vœu le plus cher d'avoir un travail. Une réponse qui ne surprend pas quand on lit un peu plus loin que les jeunes subissent de plein fouet la crise économique et sociale. Ils représentent 12% des dossiers des centres. Un jeune sur cinq vie sous le seuil de pauvreté, et un sur quatre connaît le chômage, avec des pics allant jusqu’à 40 % pour les jeunes sans formation. Il est temps de reconnaître que les jeunes français cumulent tous les risques. Les risques liés à la précarité, à l’échec scolaire, à la difficulté à se former et à trouver des débouchés selon leur formation, à l’insertion dans l’emploi par manque de logement, à l’accès à l’autonomie tout simplement. D’où cette segmentation de la jeunesse fragile décrite par l'étude du Secours Catholique, qui s’appuie sur ses dossiers d'accueil : les jeunes en extrême précarité ; les jeunes en recherche d'emploi ou en formation ; les jeunes travailleurs ; les jeunes mères célibataires (une jeune maman élevant seule son enfant perd en moyenne 33% de ses revenus); les jeunes familles françaises.
Comment trouver dans les solutions du passé des pistes d’avenir ?
Déjà dans les années 70, le système scolaire ne répondait pas ou trop peu aux besoins des entreprises et on assistait à la dégradation de l’emploi en général et à la montée du chômage chez les jeunes en particulier. Aussi, le Premier ministre de l’époque, Pierre Mauroy, écrivait dans sa lettre du 10 juin 1981, adressée à monsieur le Professeur Bertrand Schwartz : « L’entrée des jeunes dans la vie active, après la fin de la scolarité, est devenue pour beaucoup d’entre eux une véritable course d’obstacles et une période d’incertitude et de déstabilisation. La crise économique et l’ampleur du chômage ne sont pas seuls responsables de cette situation. L’organisation actuelle du système éducatif, de la formation professionnelle et des services d’information, d’orientation et de placement, les dispositifs d’insertion professionnelle mise en place au cours des dernières années, ainsi que les aides au premier emploi ne procèdent pas d’une conception d’ensemble, mais de la juxtaposition de dispositions parfois contradictoires et souvent conjoncturelles… Votre étude devra aboutir à un ensemble de propositions permettant d’établir une meilleure articulation de tous les services publics concernés, de telle sorte que les jeunes de cet âge ne soient jamais condamnés au chômage, ni à des emplois par trop précaires, qu’ils aient la possibilité d’acquérir la culture et la formation qui leur permettront de s’adapter aux changements à venir et qu’ils bénéficient des moyens d’orienter leur vie professionnelle vers les emplois qui correspondent le mieux à leurs goûts et à leurs capacités » (Lettre du Premier ministre, l’insertion professionnelle et sociale des jeunes, rapport au Premier ministre, Bertrand Schwartz, la documentation française, 1981).
Ainsi, dans le rapport commandé par le Premier ministre, le Professeur Bertrand Schwartz livre une analyse qui n’a rien perdue de son actualité : « la crise accroît non seulement les inégalités entre jeunes et adultes, mais aussi les inégalités des jeunes entre eux». Il met en exergue une discrimination des moins qualifiés qui sont de facto exclus. Le rapport Schwartz souligne que « le nombre des emprisonnements a augmenté de 40% en 3 ans » (L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, p.26) ; et insistait sur la nécessité de qualifier socialement et professionnellement les jeunes, qu’il faut « utiliser les capacités créatrices des jeunes et les préparer à une qualification sociale », et « associer les jeunes à toutes les décisions qui concernent la société et agir sur la société dans son ensemble». Pour ce faire, le rapport propose de « garantir une qualification professionnelle et sociale pour tous les jeunes de 16/18 ans et de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes de 18/21 ans » (L’insertion professionnelle et sociale des jeunes, p.33). Dans cette perspective, la mise en place des Missions Locales manifestait l'intention d’organiser une mobilisation institutionnelle et sociale, et surtout une transformation des actions publiques, au plus près des jeunes.
A la suite de ce rapport et de ses premières solutions, l’Etat a déployé une série importante de programmes et d’actions d’insertion, dont la première caractéristique est la multiplicité et la diversité des dispositifs ; et des incitations financières en direction des entreprises sont instaurées en échange de l’embauche de jeunes (le dispositif Défi jeune est créé en 1987 le contrat Emploi solidarité ou CES est créé en 1989 ; le contrat Emploi consolidé ou CEC est créé en 1993 ; l’aide au premier emploi des jeunes ou APEJ a été créée en 1994 ; le contrat initiative emploi ou CIE est créé en 1995 ; l’allocation de remplacement pour l’emploi ou ARPE a été créée en 1995 ; le contrat de qualification est créé en 1991 ; le programme « nouveaux services-nouveaux emplois).
Si les résultats sont incontestables (le CFI permettait à 57% des jeunes de trouver un emploi), les résultats en termes de qualification et d’emploi se sont avérés décevants. Aussi, le dispositif de formation et d’insertion professionnelle des jeunes se réorienta vers une logique d’individualisation de la relation avec les jeunes, du parcours et de la formation.
Le rapport Charvet (D. Charvet (sous la présidence de) « Jeunes et politiques publiques », Rapport du Commissariat général du plan, la Documentation française, 2001) proposait d’organiser le passage de l’école à l’emploi autour d’un droit à l’éducation mieux affirmé et adossé à un droit pour tout jeune à l’expérience professionnelle.
Ce projet reposait sur deux principes. D’abord, il faut considérer la jeunesse comme un investissement collectif dans l’avenir et non comme une charge. Dès lors, il convient de s’interroger sur la nature des arbitrages intergénérationnels qui sont nécessaires dans l’affectation des ressources publiques. Ensuite, l’efficacité des interventions en direction des jeunes en difficulté suppose d’engager des réformes qui concernent l’ensemble des jeunes, tant en ce qui concerne le système éducatif lui-même, que la politique d’insertion professionnelle et d’accès à l’emploi, et la politique familiale. Force est de constater que l’insertion socioprofessionnelle est irrémédiablement liée à l’école et à la formation. L’insertion interpelle donc en premier lieu l’école. Enfin, posons la question de savoir comment produire de la richesse et comment créer de l’emploi durable avec un salaire décent et des perspectives d’évolution professionnelle ? Les jeunes, comme leurs parents, ne s’épanouiront que s’ils peuvent accéder à un CDI, le reste étant un palliatif.
Que proposer pour accompagner les jeunes vers l’emploi durable ?
Le Secours Catholique avance dans son dernier rapport parmi 17 propositions, la création d'une allocation de soutien à l'autonomie des jeunes, l'extension du RSA "activité" dès 18 ans, et le maintien des prestations familiales jusqu'aux 20 ans du dernier enfant rattaché au foyer.
Nous proposons 7 chantiers autour de l’emploi, de la formation, du logement, d’un pacte social des acteurs de l’insertion, et des jeunes.
1 L’emploi : revaloriser les aides aux entreprises qui s’engagent dans la promotion internes des jeunes salariés peu ou pas qualifiés. Elles devront réserver un pourcentage du plan de formation aux jeunes travailleurs, sous le contrôle de l’inspection du travail.
2 La formation : créer un CIF Jeunes. Par exemple, les OPCA, FONGECIF réserveraient une enveloppe spécifique aux jeunes.
3 L’accompagnement vers la vie active : renforcer les missions locales par un contrat d’objectif lié à une meilleure visibilité de leur financement à long terme pour suivre les jeunes, jusqu’au retour à l’emploi.
4 Le logement : engager un plan quinquennal pour le logement des jeunes en partenariat avec les collectivités, les associations, les bailleurs sociaux, les propriétaires privés et l’Etat : « pas un jeune sans un toit ».
5 Le logement des étudiants et des jeunes travailleurs : revoir notre ambition pour les logements étudiants et pour les foyers de jeunes travailleurs avec un personnel formé pour accompagner les jeunes dans divers domaines fondamentaux (droit du travail, santé, soutien administratif, etc.).
6 Les associations : assurer dans un acte II de la décentralisation une sanctuarisation des crédits aux associations capables d’accompagner les jeunes victimes de la solitude, de l’ennui, de l’échec scolaire, de la dépression, de la toxicomanie, des difficultés à assumer le quotidien (alimentation, logement, santé, reprise d’une formation ou d’un cursus scolaire ou universitaire). Cela pourrait prendre la forme d’un contrat social avec les associations (un partenariat entre l'État et les associations caritatives comme Emmaüs, le Secours Populaire, ATD Quart Monde, JOC, le Secours Catholique, etc.).
7 Motiver la jeunesse qui s’engage : récompenser de façon ostentatoire les jeunes porteurs de projets individuels, et collectifs au service de l’intérêt général (solidarité, sport, culture, étude, recherche d’emploi ou création d’entreprise, militantisme, etc.)
Parce que la jeunesse est une étape importante de la vie, une espérance pour le pays, n’oublions pas que si le Secours catholique voit arriver depuis le début de la crise financière, de plus en plus de jeunes, il accueille de très nombreux compatriotes âgés entre 50 et 60 ans.
Plus que jamais, la solidarité intergénérationnelle trouve son sens dans le combat contre toutes les précarités.
François Hollande, candidat du Parti socialiste, en choisissant de proposer la création de 60 000 postes dans l’Éducation nationale sur cinq ans, révèle son ambition pour la jeunesse. A l’opposé, les critiques du gouvernement confirment une autre ambition, celle héritée du bouclier fiscal.
La première des discriminations est celle fondée sur les inégalités sociales.
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Hakim Chalane, 16ème arrondissement - section Daniel Sérus PS 17, Paris – Membre Fédération de Paris. |
Claude Bouchafa, 15ème arrondissement - section François Mitterrand PS 15, Paris |
Lettre à la Jeunesse par Emile Zola : « Ô jeunesse, jeunesse ! Je t'en supplie, songe à la grande besogne qui t'attend. Tu es l'ouvrière future, tu vas jeter les assises de ce siècle prochain, qui, nous en avons la foi profonde, résoudra les problèmes de vérité et d'équité, posés par le siècle finissant… ». Nous, les vieux, les aînés, nous te laissons le formidable amas de notre enquête, beaucoup de contradictions et d'obscurités peut-être, mais à coup sûr l'effort le plus passionné que jamais siècle ait fait vers la lumière, les documents les plus honnêtes et les plus solides, les fondements mêmes de ce vaste édifice de la science que tu dois continuer à bâtir pour ton honneur et pour ton bonheur. Et nous ne te demandons que d'être encore plus généreuse, plus libre d'esprit, de nous dépasser par ton amour de la vie normalement vécue, par ton effort mis entier dans le travail, cette fécondité des hommes et de la terre qui saura bien faire enfin pousser la débordante moisson de joie, sous l'éclatant soleil. Et nous te céderons fraternellement la place, heureux de disparaître et de nous reposer de notre part de tâche accomplie, dans le bon sommeil de la mort, si nous savons que tu nous continues et que tu réalises nos rêves. »
1O PROPOSITIONS
POUR UNE AUTRE POLITIQUE DU LOGEMENT
Dans l’histoire humaine, le passage du mouvement permanent à la sédentarisation a semblé poser un progrès décisif, marqué par le développement de la capacité de production et l’accroissement de la richesse collective.
L’amélioration constante des conditions de logement semblait bien irréversible et il a fallu attendre bien des années pour voir l’émergence d’une forme d’exclusion de certains membres du « groupe » au droit à l’habitat.
La valorisation puis la spéculation frénétique sur les biens immobiliers marque également une étape toute récente, un passage à des temps modernes désenchantés, comme une autre conséquence inhumaine de la dureté du monde actuel.
Au moment où s’ouvre la campagne présidentielle, il est crucial que la Gauche prenne la mesure de la perspective et ose enfin affirmer une vision porteuse de souffle et d’espoir.
Pour être parfaitement comprise, cette perspective doit également pouvoir se poser en termes simples, en réponses à des préoccupations essentielles de nos concitoyens les plus défavorisés.
Il n’est en effet pas utile de rappeler à quel point que le logement intègre une dimension sociale particulièrement sensible dans la mesure où il constitue un besoin vital.
Certains juristes ont ainsi considéré que le logement constituait un droit naturel, qui devait être expressément garanti, et c’est bien là tout le sens du "droit opposable", institué, il faut le rappeler, non par une Gauche insurrectionnelle, mais par l’actuelle majorité.
S’agissant du logement, et au-delà de la précarité et de l’absence de domicile « fixe ? » le problème est à présent ancien et suffisamment central pour affecter les conditions de vie quotidiennes du plus grand nombre.
De longue date les prix se sont envolés pour devenir inaccessibles, ce qui rend de facto les surfaces habitables de plus en plus réduites.
La spéculation qui alimentent la hausse des loyers et qui interdit l’accès légitime à la propriété, notamment pour les salariés, impacte également la dimension et l’équilibre des familles.
La problématique touche encore à un ensemble de questions connexes mais aux enjeux également importants comme l’aménagement du territoire, l’urbanisme, la mixité sociale, avec pour conséquences la fracture urbaine, la ghettoïsation et le communautarisme.
Halte donc à la spéculation ! Le coût des loyers est insupportable pour les ménages qui consacrent un quart de leurs revenus au logement.
Nous assistons en effet depuis trop longtemps à une financiarisation totalement excessive de l’immobilier caractérisée par une flambée des prix qui influence de manière particulièrement nuisible les politiques urbaines : étalement urbain et ségrégation des espaces.
Cette inflation incontrôlée développe un communautarisme spatial qui a des conséquences en termes d’unité urbaine et de cohésion sociale, voire nationale.
Les études menées sur une dizaine d’aires urbaines montrent que la relégation sociale, renforcée par la desserte de transports, est devenue le principal facteur de hiérarchie spatiale des valeurs.
Les écarts des prix immobiliers selon les quartiers sont ainsi criants : le même logement vaut par exemple de 1 à 3,6 fois plus cher dans l’aire de Lille, de 1 à 4,2 à Lyon et Marseille et de 1 à 9,3 fois plus cher en Île-de-France !
Parallèlement, la flambée des prix immobiliers asphyxie les capacités d’offre du parc social, pris en tenaille entre l’enchérissement du foncier – qui freine sa capacité de construction – et la chute de la mobilité du parc, les locataires n’arrivant plus à trouver de parcours de sortie vers l’accession.
Comment en est-on arrivé là ?
La réponse tient donc en un mot « spéculation ».
« Spéculation » des acquéreurs, pour qui le « produit immobilier » est une marchandise, facilement négociable et à forte plus-value.
« Spéculation » des propriétaires, qui profitent de la pénurie de logement sur le marché, notamment dans les grandes métropoles, pour proposer des loyers exorbitants.
« Vente à la découpe, Loi SRU, Droit opposable », le sujet était déjà au cœur de la dernière présidentielle.
Et la situation s’est encore considérablement dégradée au point que nous sommes à présent confrontés à de salariés pauvres, contraints de « loger » dans des conditions de précarité de plus en plus inacceptables, ce pour simplement trouver ou conserver leur emploi, au point que tout récemment un ministre en mal de communication, a considéré devoir prendre en compte ce critère même pour affecter les logements sociaux.
A ce stade, il est possible de comprendre et de légitimer le combat militant d’associations telles que le DAL, Jeudi noir ou Macaq, dont l’objet est de réquisitionner des immeubles vides, livrés à la spéculation, pour les réaffecter au besoin crucial de logement.
Il est donc à présent urgent de prendre la mesure de la gravité de la situation et de proposer des dispositifs afin d’apporter enfin une réponse politique à la hauteur du problème.
A ce niveau, disons le avec satisfaction, le projet du parti socialiste a apporté des pistes sérieuses qui doivent toutefois à présent être confortées.
Il n’est d’ailleurs pas anodin de relever que de nombreux concitoyens ont pris la mesure du problème et sont à présent favorables à des mesures, très caricaturées en d’autre temps, tels que le contrôle pur et simple des prix des loyers.
Afin de pouvoir lutter efficacement en ce sens, nous proposons d’instituer à la manière du bouclier fiscal, un véritable « bouclier logement » permettant de limiter à 25% le coût du loyer dans le budget des ménages.
Il est bien entendu que cette mesure serait subordonnée à des conditions de ressources et s’adresserait aux ménages les plus défavorisées selon certains barèmes et critères sociaux.
Sur un autre plan, s’agissant des foyers les plus modestes, dans la perspective de maintenir la possibilité d’accéder à la propriété, il conviendrait d’optimiser les possibilités de prêts à taux zéro.
Par ailleurs, pour lutter contre les logements vacants et favoriser encore la mise sur le marché locatif d’appartements vides, il convient de voter une loi renforçant fortement la Garantie des risques locatifs.
La Garantie des Risques Locatifs (GRL) est une assurance proposée par l'Etat pour couvrir les risques locatifs (loyers impayés, dégradations immobilières, protection juridique...).
Son champ d’application devrait être étendu pour devenir une véritable garantie universelle des risques locatifs afin de pouvoir réellement mobiliser le parc privé.
Nous défendons donc :
1. Le bouclier logement, limitant à 25%, le coût du loyer dans le budget des ménages.
2. Le prêt à taux zéro bénéficiera aux foyers modestes et populaires et l’accession sociale sécurisée sera relancée + abrogation de la loi Scellier qui permet la spéculation sur l’immobilier.
3. Faire de la GRL une véritable garantie des risques locatifs universelle pour mobiliser le parc privé.
Pour répondre à la pénurie de logements et réduire le nombre de 1,2 millions de personnes qui attendent l’attribution d’un logement social, souvent depuis plusieurs années, il est par ailleurs temps de procéder enfin à la construction massive de logements.
Or, cette construction de logements, principalement sociaux, est toujours en panne.
En finir avec la pénurie ! Il manquerait près d’un million de logements !
Le projet du Parti socialiste prévoit de renforcer la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbains (la loi dite SRU) qui incite les communes de plus de 3.500 habitants comprises dans une agglomération de plus de 50.000 habitants comprenant une commune de 15.000 habitants, afin qu’elles détiennent 25% de logements sociaux contre 20% actuellement.
Chacun sait pourtant que de nombreuses communes refusent de facto de se soumettre à l’effort social nécessaire, préférant le cas échéant payer une taxe sanction.
Il faut en effet prendre la mesure des résistances, notamment des élus conservateurs devant la construction de logements sociaux.
A titre d’illustration, sur une des dernières zones parisiennes figurant dans un arrondissement réputé privilégié, il faut avoir entendu l’usage d’arguments tendant à considérer que construire des logements sociaux près d’un futur Palais de justice reviendrait à ouvrir une passerelle directe, de la délinquance vers les Chambres correctionnelles !
Mais, il ne s’agit pas tant simplement de favoriser, en tant que telle, la construction de logements sociaux, que de travailler à renforcer l’indispensable mixité sociale et le savoir vivre ensemble, en visant dans l’idéal un objectif de un tiers de logements sociaux, un tiers de logements en accession sociale à la propriété et un tiers de logements libres.
Toujours est-il également que pour les communes qui ne contribueraient pas à l’effort nécessaire du logement pour tous, fort de l’expérience passée et échaudé par le comportement non civique de certaines collectivités, nous proposons que l’amende pour être véritablement incitative, soit multipliée de manière significative, par cinq.
La Gauche veut d’ores et déjà mettre en œuvre un plan de construction annuel de 150 000 « logements sociaux écologiques », aux normes BBC (Bâtiment basse consommation) dont un plan massif de 8.000 constructions de logements étudiants par an ainsi que la réhabilitation des résidences universitaires existantes.
Mais au-delà du simple nombre de logements dont la construction est à entreprendre dans les meilleurs délais, une seconde injustice pèse fortement : le coût des loyers qui est devenu tout simplement insupportable pour un nombre très important de ménages.
Nous proposons donc :
4. Un plan de 150 000 « logements sociaux écologiques » chaque année, aux normes BBC (Bâtiment basse consommation) dont un plan massif de 8000 constructions de logements étudiants par an et de réhabilitations des résidences universitaires existantes.
5. De renforcer la loi SRU à hauteur de 25 % (dont 15 % de logements très sociaux), et de multiplier par cinq les amendes pour les communes ne respectant pas la loi.
6. D’intégrer l’objectif de Mixité sociale dans l’ensemble des projets selon la proportion : un tiers de logements sociaux, un tiers de logements en accession sociale à la propriété et un tiers de logements libres.
On ne pourra par ailleurs plus construire en omettant deux variables essentielles des nouvelles politiques éconologiques : produire pour loger, rentabiliser les zones constructibles et les réseaux existants, intégrer la construction dans les tissus urbains, sociaux et économiques.
Le logement est devenu une politique œuvrant pour la cohésion sociale des territoires.
L’Etat a donc un rôle central pour diriger un plan national en concertation avec les acteurs de la ville et de la ruralité : organismes HLM, les grands opérateurs du secteur depuis la construction jusqu’à la promotion immobilière, les organisations syndicales et patronales pour que les salariés puissent se loger ou acquérir un bien, les associations œuvrant pour l’hébergement d’urgence, etc. …
Construire demain pour mieux vivre ensemble la ville !
Enfin, il convient d’avoir présent à l’esprit que le prix du foncier a augmenté de 500% durant les 30 dernières années alors que dans cette même période les prix à la construction se sont accrus de 35% !
Afin de répondre aux besoins urgents de logement, la taxation sur les terrains constructibles et non construits devra être sensiblement augmentée et les moyens de préemption renforcés.
Ainsi, un terrain déclaré constructible devra obligatoirement être bâti dans les cinq ans.
Il est en effet indispensable d’intervenir par la fiscalité pour réguler les marchés immobiliers.
À côté d’une taxe foncière rénovée qui doit être mise en chantier, nous proposons,
il faut développer ou encourager de nouvelles formes de taxation des transactions immobilières (« taxe de solidarité urbaine ») au profit des établissements publics ou EPCI pour réguler et redistribuer sur la base d’un principe éminemment républicain : « ségrégateur/payeur ».
Les intercommunalités seraient enfin dotées de ressources propres leur permettant d’assumer les enjeux auxquelles elles doivent faire face.
Mais cette mesure seule ne peut s’avérer suffisante sans une intervention de la puissance publique.
Les acteurs locaux doivent agir également davantage en coopération et coordination.
Pour cela, il est important de localiser les politiques du logement selon les besoins des territoires et de conditionner toute délégation d’aide à la pierre à l’existence d’un plan local de l’habitat (PLH) de qualité.
Enfin, planifier en commun, coordonner les mesures d’aides sont des éléments peu coûteux pour la mise en place d’une politique de logement efficace.
Les collectivités locales mais aussi les partenaires sociaux doivent participer et pour cela la conclusion de conventions entre les intercommunalités et les instances responsables du 1% seront favorisées.
C’est en effet grâce à une politique globale coordonnée, associant les collectivités locales et les partenaires sociaux que nous sortirons de la crise du logement.
Nous proposons donc :
7. L’augmentation de la taxation des terrains constructibles et non construits et le renforcement des moyens de préemption : Un terrain déclaré constructible devra obligatoirement être bâti dans les cinq ans.
8. Localiser les politiques du logement selon les besoins des territoires.
9. Conditionner toute délégation d’aide à la pierre à l’existence d’un PLH (Plan local de l’habitat) de qualité.
10. Favoriser la passation de conventions entre les intercommunalités et les instances responsables du 1% afin d’associer les partenaires sociaux aux politiques locales de l’habitat.
Pour peu que l’on y réfléchisse un instant et qu’au-delà des mots, l’on puisse simplement effleurer cette réalité et l’urgence qu’elle appelle … nous ne pouvons plus socialement accepter de devoir choisir entre des besoins aussi fondamentaux que se loger, ou encore se nourrir ou se soigner !
Chacun sait pourtant que dans la situation actuelle, c’est bien le choix impossible auquel sont confrontés beaucoup d’entre nous, et ce bien au-delà des traditionnels clivages sociologiques que l’on pourrait trop aisément projeter.
Cette question doit nous mobiliser au nom du « droit des citoyens à l’indignation face aux injustices sociales ».
Les primaires du parti socialiste ont marqué avec succès mais encore avec timidité la première étape de la reconquête possible.
Pouvoir retrouver un élan suppose un impératif de justice sociale et des avancés tangibles et concrètes, notamment en matière de logement.
En Chine, la construction et l’accès à des millions de logements, portant sur des surfaces particulièrement importantes, illustre une forme d’ambition collective et marque bien l’élan d’espoir de tout un peuple.
C’est bien la raison pour laquelle, porteurs d’espoir et au pouvoir en 2012, nous appelons la Gauche d’alternative à initier avec volontarisme et à démontrer rapidement aux plus démunis, au-delà même de ces propositions, des résultats concrets et visibles.
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Maixent Lequain, Avocat.
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Hakim Chalane, Chargé de missions développement urbain et social dans un office public HLM. |
Lettre à ceux et celles qui veulent rendre à la Gauche et au PS une dynamique militante : des salariés, des retraités, des chômeurs, des patrons de petites et moyennes entreprises, des militants associatifs…
La force d’un parti de gauche, c’est l’intelligence collective de tous ses militants.
Respecter nos idées, c’est respecter nos militants.
L’ouverture en général, et au Parti socialiste, cela pourrait signifier offrir aux militants, cadres ou non, un peu de respect et d’écoute. Le respect de chaque contribution, pour laquelle il faut une réponse. Il n’est pas normal que des hommes et des femmes réfléchissent et élaborent des documents qui ne seront pas lus. Pour preuve, il suffit de voir le nombre de contributions élaborées lors du dernier congrès du Mans en novembre 2005.
Combien de militants ont participé à des travaux dans des commissions nationales, fédérales ou de sections ou ont adressé à des responsables des propositions sur divers thèmes, et pour lesquelles ils ont rarement eu de réponses ?
C’est parce que nos militants et nos sympathisants travaillent, qu'on ne peut pas laisser dire que notre Parti ne produit plus d’idées, et n’a pas de programme. Il faut donc imaginer des moyens, une organisation plus efficace, pour que les travaux des militants soient mieux intégrés à la réflexion des cadres du parti, dans les fédérations comme à Solferino. Il ne s’agit pas d’opposer, de façon populiste et artificielle, les " sachants " et les autres, l’élite et le peuple. Parce que nous avons une autre idée de la solidarité, nous refusons le principe théorique qui veut que ce ne soit pas le peuple qui ait les cartes en main, mais les " sachants ".
Nous revendiquons l'utopie en politique, pour gouverner au service de l'idée collective et de l'intérêt général. A gauche, il n’y a pas de " charges " mais des responsabilités, et d’abord envers l’engagement à changer la vie de ceux qui espèrent. Et pour créer l’espoir, il faut en avoir l’envie et la sincérité, c’est sans doute une des originalités de l’engagement militant à gauche.
Un club de réflexion c’est bien, et ils apportent au débat de fond. Un parti qui fait travailler ses militants, en y associant les clubs et les associations de gauche, c’est préférable. C’est l’idée même de militer ou de s’engager qui doit être revisitée, parce que les militants ne doivent plus être cantonnés à des tâches spécialisées, une espèce d’O.S (Ouvrier Spécialisé) de la politique. Ils ne sont pas uniquement utiles à faire nombre dans les réunions, à coller, à distribuer des tracts ou à tenir un bureau de vote. Le nouveau militantisme socialiste doit être repensé de façon globale, dans l’intérêt du parti et de sa re dynamisation politique.
Se former pour agir plus librement : une université ouverte à tous les militants et sympathisants.
Notre Parti a besoin de créer un outil, raisonnable et efficace, pour diffuser ses réflexions, pour mieux partager ses actions, l’idée du socialisme. Nous sommes les promoteurs de la formation tout au long de la vie, et nous avons le formidable maillage des sections et de nos puissantes fédérations. Posons sur cet organigramme un outil de formation, qui aurait la liberté nécessaire pour s’ouvrir à toutes les idées de progrès et à toutes les humanités. Un lieu sans aucune barrière de diplômes, sauf à permettre à chacun d’y trouver des savoirs utiles à son épanouissement et à son engagement dans la société civile, dans la gestion de la cité : rendre populaire la gestion des collectivités, le fonctionnement de l’impôt, les mécanismes économiques, etc.
Nous proposons la création d’une université populaire et socialiste.
Les premières universités populaires sont apparues à la fin du XIXe siècle, dans la rencontre de syndicalistes et d'intellectuels ; mais elles furent rapidement critiquées et affaiblies par des facteurs historiques comme la guerre mondiale, l’affaiblissement du syndicalisme et de la lutte des classes.
En 2001, le médiatique Michel Onfray lançait l'Université populaire de Caen suivie aux quatre coins de France par d’autres expériences, dont celle de Lyon. L'université populaire retient de l'Université traditionnelle la qualité des informations transmises, le principe du cycle de l’université traditionnelle qui permet d'envisager une progression personnelle. La gratuité est le principe de base : pas d'âge requis, ni de titres ou de niveaux demandés, pas d'inscriptions ni de contrôle des connaissances, pas d'examens, ni de diplômes délivrés. Le cours est dispensé une fois par semaine sur une séance de deux heures : la première est un exposé argumenté, la seconde une discussion de celui-ci. Elle emprunte au café philosophique l'ouverture à tous les publics, l'usage critique des savoirs, la pratique du dialogue comme moyen d'accéder au contenu. Des événements sont organisés pour nourrir un débat ou la fin d’un cycle autour d'un artiste invité. Il s’agit d’organiser des débats, des projections, des petites formes de spectacles vivants et un atelier pour enfants. C’est l’aspect interactif de ce concept qui nous intéresse, pour ouvrir l’action militante vers une forme plus vivante. Mais loin de nous l’idée de substituer une structure au parti, l’université ouvre le parti et en fait un lieu d’échange et de formation. Le militant et le parti y trouvent un intérêt bien compris.
Rappelons que le Parti communiste a permis à une époque à des ouvriers, des employés, des agents de maîtrise ou des cadres moyens, après formation, d’exercer un mandat électoral : maire, conseiller général ou député. C’est donc un moyen de reconquête de l’ "lectorat populaire et de la classe moyenne. En effet, la gauche a pour vocation de faire entrer dans le débat national les questions sociétales les plus innovantes pour l’évolution de la société, cela doit aussi être vrai pour l’émergence de nouveaux élus. Il faut reconnaître que les chantiers de la gauche depuis 1981, en 1988 et en 1995, n’ont pas été tous des succès. Nous n’avons pas su transformer la vie des citoyens des classes populaires vivant dans les cités HLM ou en zones rurales, et de citer : le chômage supérieur à la moyenne nationale, rappelons que les quartiers populaires sont depuis trop longtemps confrontés à la pauvreté, au manque d'emplois ou la disparition des emplois peu qualifiés (délocalisations ou suppressions de postes dans la fonction publique ou conséquence de l’automatisation et de l’informatisation), à la confrontation quotidienne avec le culte de l'argent roi, au fléau de la drogue, à l'ennui des jeunes, à l'insécurité (réelle ou ressentie ; aux troubles du voisinage et au mal vivre), à la réduction ou la suppression des services publics, etc. Le constat est le même pour ce qui est d’enrayer l’échec scolaire et les inégalités. Depuis 1994, ce sont 150 000 jeunes qui sortent du système scolaire en échec, chaque année.
Il nous faudra donc fonder un nouveau pacte social, pour que la classe moyenne puisse exister et être accessible à la classe populaire.
L’ascenseur social ne sert à rien si on asphyxie la classe moyenne ou si on l’oppose aux plus fragiles. Il faut avoir le courage de s’attaquer aux quartiers populaires et de décider de donner la priorité à la sécurité sociale de ces quartiers : pas de quartier de non droit, la culture pour tous et de haut niveau, une justice et une sécurité de proximité, un contrat local et social avec chaque famille. C’est un socialisme qui s'attaque aux inégalités dès la naissance, pour une intégration et un accueil de qualité. L’objectif est que tous les enfants de France puissent grandir avec les mêmes moyens. Pourquoi poursuivre une politique de la ville qui saupoudre et territorialise à l’extrême (politique de zonage) les budgets de droit commun destinés aux quartiers prioritaires ? La France des banlieues, celle des locataires qui ne pourront jamais posséder un patrimoine immobilier, a besoin d’un ministère de la construction et du logement, maîtrisant les questions " de A jusqu’à Z ", et surtout la politique de la ville.
L’idée sur le logement est d’offrir aux français un toit pour tous, un droit à l’acquisition de son logement par des prêts réglementés par l’Etat, et un droit à l’accession au parcours résidentiel.
Le mouvement des jeunes socialistes est une formidable pépinière de talents. Elle peut se ressourcer dans toutes les catégories de la jeunesse de France. Le mouvement doit aller davantage vers les jeunes qui n’ont plus cette culture militante, de ces jeunes au chômage, vivant de petits boulots ou salariés précaires sans avenir professionnel, en échec scolaire qui désespèrent d’eux-mêmes, et de l’action en politique. La jeunesse a des facilités qu’elle doit utiliser pour jeter des ponts vers ceux qui n’osent pas ou ne croient plus en la politique. La jeunesse peut s’appuyer sur nos références communes, qui sont Jean Jaurès, Léo Lagrange et Léon Blum. Comment avons-nous pu rester sans réaction quand Nicolas SARKOZY a récupéré à son profit Jean Jaurès et Blum dans les usines ou dans ses meetings ? Sans doute, avons-nous honte de nos racines populaires et ouvrières, comme des enfants devenus adultes ont parfois honte du métier de leurs parents.
Notre Parti doit s’ouvrir aux classes populaires lors de la prochaine campagne d’adhésion : aux ouvriers, aux employés, aux salariés précaires, aux chômeurs, aux retraités pauvres, à la jeunesse défavorisée, aux allocataires, érémistes ou " COTOREP " (Commission Technique d'Orientation et de Reclassement Professionnel. Elle a été créée par la Loi d'orientation en faveur des personnes handicapées en 1975 (Loi n° 75-534 du 30 Juin 1975)). Ils apporteront un autre regard sur la vie quotidienne et du mal de vivre de nos concitoyens les plus fragiles. Et nous n’oublierons pas les classes moyennes intermédiaires, issues le plus souvent des classes populaires : unir la France d’en bas, pour construire ensemble la France d’en haut.
Claude Bouchafa, membre de la commission administrative de la section François Mitterrand Paris 15, et Hakim Chalane, militant 17ème et membre de la commission fédérale de Paris.
Pour une Justice de Gauche
Auteurs :
Fabienne ABOUAF Etudiante en Droit
Maixent LEQUAIN Avocat
En ces temps de fin de règne de Nicolas Sarkozy, c’est l’ensemble des structures sociales de notre pays qui sont touchées, et dans ce triste contexte, l’institution judiciaire n’est pas la moins épargnée.
Durant ces dernières années, la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la Justice ont été trop souvent bafouées, les libertés publiques rognées, au nom d’une prétendue politique sécuritaire.
Paupérisée et outragée, marquée par la frénésie législative et répressive dont chacun a compris, à présent, qu’elle n’est pas dénuée de considérants électoralistes, cette Justice, malmenée, la Gauche au pouvoir devra la libérer.
Attention toutefois à ne pas sous-estimer la tâche, en considérant, par exemple, qu’une simple pratique différente suffirait.
La Justice est un élément fondamental du processus de reconstruction que doit initier la Gauche d’alternative.
Recréer les conditions du respect et de la confiance perdue constitue aujourd’hui un facteur essentiel tant de la reconquête démocratique que de l’élan psychologique nécessaire au redressement.
Certes, dans ce domaine, la Gauche au pouvoir a toujours porté des réformes et des avancées parfois audacieuses, mais l’action à entreprendre, cette fois, nécessite un effort idéologique et éthique plus important, et des références emblématiques :
Pour les Grecs, à l’origine de la cité, la Loi était indissociable de la Justice.
Ils y ajoutaient une dimension sacrée, consubstantielle.
Pour eux, « l’accès au Droit », marquait l’acte de naissance de leur citoyenneté, en tant qu’hommes libres inter pares, la garantie de leur protection, par la Loi, face à l’arbitraire et à la barbarie.
Le rétablissement de la grandeur de notre Justice républicaine passe, en premier lieu, par la réaffirmation de l’égalité citoyenne, source d’adhésion, d’autorité et de légitimité.
La vision judiciaire de la Gauche, après tant d’années d’opposition, doit être animée par une ambition plus grande encore : il lui faut promouvoir une perspective nouvelle, un nouvel humanisme, une exigence plus grande et plus forte sur la question de la dignité humaine.
En la circonstance, l’inspiration forte qui doit guider notre action, c’est celle de François Mitterrand et de Robert Badinter au moment de l’abolition de la peine de mort quand il s’agissait d’ouvrir, et ce, contre l’opinion si nécessaire, une nouvelle voie de progrès.
C’est bien à un véritable changement de paradigme que la Gauche doit s’atteler, conformément à son identité idéologique et en rompant radicalement avec les approches et les discours sécuritaires actuellement dominants.
Certes, dans le contexte actuel, face au crash historique auquel nous a amené la crise du libéralisme et de la spéculation, à l’approche de l’échéance de 2012, le régime sortant a tendance à redécouvrir, que la sécurité est la valeur politique refuge par excellence.
Mais face à la surenchère du tout répressif, nous, Socialistes, devons justement représenter une véritable alternative, être porteurs d’une autre politique marquée par la générosité et l’espérance.
Nous devons en appeler à une société, non pas de la défiance, mais de la confiance et du dialogue, en ne perdant jamais de vue que les lois et la Justice s’adressent à tous et constituent la principale protection de ceux qui vivent, de la manière la plus aigue précisément, l’insécurité et l’injustice sociale.
Car, si l’un des objets de la Loi est certainement de définir la règle et la sanction, il s’agit également de se souvenir que la Loi, en tant que norme politique, a été inventée pour protéger les citoyens pauvres contre l’arbitraire des plus riches, pour préserver leur liberté, non pas la sécurité, terme devenu hautement péjoratif, mais le Droit à la sûreté citoyenne, telle qu’elle trouve son origine dans la déclaration des Droits de l’homme de 1789.
Nous ne devons donc pas avoir peur d’affirmer, parce que ce sont nos valeurs, nos convictions, nos engagements, que dans le contexte actuel, si difficile, ne pas créer d’emplois, ne pas créer les conditions et la possibilité de vivre décemment est un facteur générateur de délinquance.
Du même, afficher exclusivement une volonté de fermeté et de répression est également contre productif dans la mesure où l’on ne fait que développer une dynamique produisant toujours plus de fractures et de violence, tout en négligeant l’ensemble des jeunes susceptibles de sortir de l’exclusion sociale.
Que l’on nous préserve aussi de caricaturer la prétendue naïveté ou le laxisme de la Gauche : des sanctions doivent bien évidemment être prononcées et appliquées ; mais à la condition qu’elles soient issues de l’appréciation en conscience du Juge, en fonction de la personnalité du prévenu, qu’elles apparaissent nécessaires et proportionnées et qu’elles s’inscrivent, de manière plus générale, dans un dispositif global équilibré.
Il s’agit, pour la Gauche, d’appeler à soutenir un projet, une inspiration ambitieuse, certes, mais surtout de disposer d’un fil directeur qui lui permette à nouveau de pouvoir évoquer des thèmes trop discrédités et qui doivent pourtant être au cœur de notre philosophie profonde comme ceux de la prévention, de l’éducation et de la réinsertion.
De ce point de vue nous devons, en amont et sans complexes, soutenir le travail fondamental de terrain des associations, rétablir la police de proximité à l’action bénéfique et dont la suppression était purement d’origine dogmatique.
En aval, il s’agit de rétablir les prérogatives des Juges de l’application des peines, notamment en matière d’alternatives à l’emprisonnement et de libération conditionnelle.
S’agissant de la dignité en milieu carcéral, l’état lamentable des prisons françaises, à présent dénoncé régulièrement et unanimement, n’est tout simplement plus acceptable.
Cette question illustre d’ailleurs parfaitement, et bien au-delà de la seule question pénale, le problème plus général de la faiblesse insigne du budget alloué à la Justice, qu’il conviendra impérativement de revaloriser sensiblement.
Quelques chiffres indiquent l’affaissement récent des moyens et les carences actuelles en la matière :
en 2011, 58 € par an et par français étaient consacrés au budget de la Justice, ce qui correspond à une somme deux fois moins importante qu’en Allemagne !
A titre d’illustration encore, nous disposons de 3 procureurs pour 100.000 habitants en France alors qu’ils sont pour le même nombre d’habitants 13 au Portugal !
De même, nous comptons 11 juges pour 100.000 habitants en France alors qu’il y en a 24 pour le même nombre d’habitants en Allemagne !
La protection judiciaire de la jeunesse, les personnels des greffes et de manière plus générale les moyens de fonctionnement des tribunaux ont été sacrifiés par les budgets de la Droite libérale depuis dix ans.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que la Commission européenne nous ait classés pour l’efficacité de notre Justice au 37ème rang des 43 pays d’Europe étudiés en 2010 !
Enfin, autre enjeu important pour la Gauche au pouvoir en 2012 : restaurer un véritable respect des Juges, en assurant une véritable indépendance de la Justice.
La pratique politique et la volonté de contrôle absolu des instances, sous le Président sortant - chacun a plusieurs affaires présentes à l’esprit -, ont été marquées par des interventions et des conflits incessants avec le corps judiciaire.
Il est pourtant indispensable de conserver la plus grande considération pour l’ensemble des magistrats qui sont des grands serviteurs de l’Etat.
Tandis que le gouvernement s’efforce de reprendre en main les magistrats du Parquet, ce qui a fait craindre, à juste titre, leur manipulation par le pouvoir exécutif, le projet socialiste propose d’instituer leur indépendance.
Sur cette question précise, et afin d’assurer un véritable cloisonnement, pour notre part, nous préconisons d’aller plus loin encore :
Tout en maintenant le lien hiérarchique interne, nécessaire à l’homogénéité de la politique pénale sur le territoire national, nous proposons d’aligner le statut des magistrats du parquet sur celui du siège en créant un Parquet général de la Nation, seul destinataire des instructions générales d’action publique du gouvernement.
Par cette réforme, nous rétablirons et continuerons ainsi l’œuvre d’Elisabeth Guigou, ancien Garde des Sceaux et nous serons enfin en concordance avec la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et plus particulièrement avec son article 6 relatif au droit à un procès équitable : « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial ».
Dans le même ordre d’idée, indépendamment de la préservation du Juge d’instruction, il est nécessaire d’organiser des moyens d’investigation qui garantissent pleinement la séparation des pouvoirs, la présomption d’innocence et les droits de la défense.
Sur l’ensemble de ces éléments, la France porte des valeurs universelles qui ont à un moment de l’histoire, inspiré le monde.
Elle est détentrice de ce précieux héritage et c’est bien la raison pour laquelle elle se doit, non d’être seulement irréprochable, mais exemplaire et ambitieuse.
C’est donc avec la conscience aigue et le sentiment bien compris de cette responsabilité que notre pays retrouvera son statut et sa place particulière, celui de Pays des Droits de l’Homme.
Auteurs :
Fabienne ABOUAF Etudiante en Droit
Maixent LEQUAIN Avocat
La violence en France a, depuis les années 1980, envahi les médias et
l'opinion publique, qu'il s'agisse des banlieues et des quartiers de relégation, de l'école publique, des transports en commun, ou des incivilités qui nourrissent pour l'essentiel le sentiment
d'insécurité, avec pour conséquence de créer le sentiment dans la population d’une menace intérieure, sociale, juvénile et urbaine. A l’école, il serait plus opportun de commencer à s’intéresser
à l’absentéisme, puis aux incivilités et enfin aux dégradations quotidiennes, avant d’aborder des problèmes plus importants pour la résonance médiatique : les atteintes à l’intégrité physique, et
parfois morale, contre la communauté éducative dans son ensemble, et contre des élèves, bien entendu. A la Sorbonne, en avril 2010, le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, a présenté
une approche autour d’un triptyque : "Comprendre, prévenir, agir." Rappelons à l’ensemble des ministres, que comme tous les ministres de l’éducation nationale, celui-ci n’échappera pas aux
veilles recettes. Pour mémoire, l’intervention de la police a été rendue possible dès 1985, et le partenariat entre l’éducation nationale et la police a été formalisée dans une circulaire du 27
mai 1992 (sous l’impulsion de Jack Lang). Et quand ce n’est pas la « puissance régalienne » qui est interpellée, ce sont les emplois solidarité, les appelés du contingent, et plus récemment les
équipes mobiles de sécurité (les EMS sont recrutés par le ministère de l'Éducation pour «réduire les tensions» et «protéger les personnes». Elles sont présentes dans toutes les académies). Le
résultat est toujours le même en cas d’agression volontaire. Même s’il est actuellement difficile de recenser avec fiabilité l’ensemble des actes de violence, on reconnait tout de même une hausse
de la violence en milieu scolaire concentrée sur les 6 à 10 % d’établissements les plus difficiles. Ces incidents sont certes mineurs, mais répétitifs, et ils aboutissent à faire des zones
difficiles des zones de plus en plus difficiles, dans un contexte où se combinent un «cocktail explosifs» : l’allongement de la scolarité et une déscolarisation massive des enfants de familles en
difficulté. Il y aurait donc une erreur de diagnostic, en voulant soigner les «conséquences visibles» et non les «causes profondes». Que proposent les experts ? Le criminologue Alain Bauer,
président de l'observatoire national de la délinquance, propose dans un rapport d’une soixante de pages, 31 propositions issues de la mission conduite depuis le 19 novembre à la demande du
ministre sur les violences en milieu scolaire ; en abordant les sanctions et la place des familles.En résumé, il s’agit de préconiser une "refonte" du système de recueil des statistiques sur la
violence à l'école, de prendre un ensemble de mesures destinées à "redonner du sens" à la sanction, de "rendre à l'exclusion son caractère exceptionnel", de renforcer le rôle des délégués élèves,
d’assurer la stabilité des équipes éducatives, d’adopter un "plan national de formation continue en matière de prévention et de gestion des violences", d’étaler la rentrée scolaire sur une
semaine au collège, et d'autres mesures pour "améliorer la relation" entre les familles et l'école. Ces mesures ont le mérite d’être concrètes et fonctionnelles. D’ailleurs, elles pourraient
s’appliquer, en modifiant quelques intitulés, à d’autres institutions ou organisations, en contact avec le public, ou dans le cadre plus général des politiques publiques que le gouvernement de
Lionel Jospin avait placé sous le titre de plan d’actions inscrite dans les fameux « contrats locaux de sécurité » (Colloque de Villepinte de 1997). L’un des axes, de cette « contractualisation
des politiques de prévention et de sécurité », visait la prévention de la violence en milieu scolaire, avec « en bonus », des aides éducateurs (Au 23/11/1998, on comptait 151 926 emplois jeunes
embauchés, principalement dans les associations (78 000), 65 000 dans l'Éducation Nationale, et 8250 dans la police). D’utiles, les aides éducateurs sont rapidement devenus indispensables au bon
fonctionnement des établissements scolaires. A la suite des propositions de la mission présidé par M. Bauer, on trouve la réhabilitation du sens de la sanction, le règlement intérieur, ou la
formation à la gestion de la violence (Luc Chatel, ministre actuel de l'Éducation Nationale, a annoncé que 400 proviseurs et adjoints suivront des sessions de ce type avant la fin de l'année),
sont dans le même registre, sans contester le bien fondé des propositions, des recettes classiques (Un code de la paix scolaire rédigé par Laurent Huet, qui rassemble dans une langue claire,
concise et accessible à tous, les règles de conduite en vigueur au sein des établissements scolaires). La RATP a massivement investi pour former ses agents, et malgré cela l’institution est
toujours victime des mêmes violences, verbales ou physiques, et l’insécurité sur les lignes de transport reste d’actualité. A Tremblay – en – France, après "le caillassage" de trois véhicules de
la compagnie des Courriers d’Ile de France (C.I.F), dans la soirée du 15 avril, le ministre de l’Intérieur a répondu par le renforcement des compagnies de CRS : fonctionnaire embarqué ou escorte
des véhicules. La réponse des conducteurs est révélatrice de cette violence qui concerne une autre institution que l’école. Jean-Marc Lambert, secrétaire fédéral CGT Transports donne son point de
vue qui me permet de conclure : « (…) On ne répond pas aux problèmes sociaux par la force publique. Un CRS dans le bus, n’est-ce pas de la provocation ? Aujourd’hui, il faut discuter avec les
jeunes des cités et recruter des médiateurs. ». J’ai relevé une proposition qui relève du bon sens : la fidélisation des équipes pédagogiques. Comme pour la police de proximité, en 1997-1998, on
parlait « d’agents fidélisés » et connaissant les quartiers et leurs habitants. Les Uteq (Unité Territoriales de Quartier) ont remis au goût du jour, il y a deux ans, cette doctrine
d’employabilité des fonctionnaires de la police nationale. Il est évident que c’est une solution, mais qui ne peut donner de résultats tangibles que dans le cadre d’une politique, plus générale,
de bonification des carrières des enseignants, et à la condition de leur garantir les conditions « de délivrance des savoirs » : le respect entre les élèves, le respect de la communauté éducative
dans son ensemble, et la restauration de l’image d’une école « facteur d’intégration sociale ». Il s’agit plus d’une question sociale, et non de sécuriser ou de sanctuariser les établissements
scolaires. Parler de « sanctuarisation de l’école », c’est aborder la pose de barrière, l’installation de dispositifs de vidéosurveillance et de meilleure mesure des actes de violence. Certes, la
vidéo surveillance s’est imposée à l’intérieur des écoles et des établissements scolaires, à la faveur de la montée « médiatique » de la question des « intrusions en milieu scolaire ». Aux abords
de l’établissement, les systèmes de vidéosurveillance installés relèvent de la procédure prévue par la loi du 21 janvier 1995. Elle est subordonnée à une autorisation du préfet, prise après avis
d’une commission départementale, présidée par un magistrat de l’ordre judiciaire. Tandis qu’à l’intérieur de l’établissement, l’implantation de dispositifs de vidéosurveillance dans des lieux
qualifiés juridiquement de « privés », tels que les établissements scolaires, relève des dispositions de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978. Le plus important est de définir un ensemble de
garde-fous pour éviter toute dérive : les finalités du système; la durée de conservation des enregistrements; la sécurisation du traitement des données; les personnes doivent être informées (la
CNIL, le conseil d’administration, les personnels, les parents d’élèves). En Angleterre, les partisans de caméras de surveillance dans les écoles prétendent protéger les élèves, aider les
enseignants et même d'améliorer les résultats des examens. En 2004, on comptait près de 94 écoles au Royaume-Uni, qui utilisaient déjà ses caméras haute définition dans les salles de classe pour
un coût de £ 1345 par an pour la location de deux appareils dans une seule salle de classe. Mais la question est de savoir si la technologie ne remplace pas la vigilance des adultes ? En cas de
problème, la caméra visionne mais elle ne peut intervenir. L’objectif de la vidéosurveillance est de mieux contrôler les espaces, mais est-ce bien ce qui nous intéresse dans le cas de la violence
à l’école ? La vidéosurveillance dans les établissements scolaires rencontre la même limite que dans n’importe quel autre lieu : si l’on enregistre des effets en matière de vols et actes de
vandalisme, des faits divers sont là pour témoigner de son inefficacité pour prévenir la violence : l’explosion d'une bombe artisanale dans une école de Laval en 2003, la fusillade de l'école
Taber en Alberta et la tuerie de Littleton aux États-Unis en 1999 n'ont pu être empêchées. Les trois écoles, pourtant, étaient munies d'un dispositif de surveillance vidéo. Le combat contre la
violence scolaire doit être porté contre les absences, et plus encore, contre le décrochage scolaire. Au Canada, à la rentrée scolaire 2009-2010 ce taux concernait 91 448 élèves de l’école
publique au Québec. En effet, L'expression « décrochage scolaire », devenue à la mode dans le milieu éducatif français, provient en fait du ministère de l'éducation du Québec. Le problème de
l’absentéisme scolaire a intéressé de façon plus intense les pouvoirs publics. Le ministère de l’Éducation nationale a déclaré prioritaire la lutte contre le décrochage scolaire, début 2000, non
plus seulement au niveau du lycée, particulièrement professionnel, mais aussi des collèges et écoles. Il s’agit à travers des dispositifs adaptés, de redonner l'envie d'apprendre aux adolescents
qui craquent. En effet, chaque année, en France, des milliers de jeunes abandonnent leur scolarité, doucement, ou brutalement, pour des raisons diverses. Gilbert Longhi, proviseur du lycée Jean
Lurçat, qui accueille des élèves « raccrocheurs », résume bien le défi que doit relever l’école pour solutionner la question du décrochage : « L’école (…) par son système d’apprentissage,
quelquefois par ses pédagogies excessivement « dolosives » et surtout par son système d’orientation bureaucratique et son défaut d’accompagnement, elle finit par reproduire les tendances à
exclure. » (Extrait de « L’actualité éducative », numéro 434 de juin 2005 article « Violences dans les manifestations lycéennes : le temps des faubourgs ? » Entretien avec Gilbert Longhi).
Extrait de "Sécurité: le fiasco de Sarkozy, les propositions du PS" préfacé par Martine Aubry, et postfacé par messieurs François Rebsamen, sénateur-maire de Dijon, et Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et président du Forum des idées sur la sécurité) le Parti socialiste a décidé, en s’appuyant sur l’expérience locale de ses élus, de réagir et de proposer une nouvelle politique globale de sécurité. Une réponse globale, ferme et efficace face à une violence qui prend de nouvelles formes parfois extrêmes, dans une société malade du chômage de masse, de la ghettoïsation urbaine, de la perte des repères familiaux et la dévalorisation de nos institutions."
1. Permettre à l’école de jouer son rôle de prévention de la délinquance.
2. Repenser les villes pour produire de la sécurité.
3. Assurer la présence pérenne des forces locales de sécurité sur tout le territoire.
4. Définir des " zones de sécurité prioritaires " pour affecter plus de moyens là où ils sont davantage nécessaires.
5. Rapprocher les forces locales de sécurité de ceux qu’elles doivent protéger en priorité.
6. Améliorer l’accueil, la protection et l’information des victimes.
7. Appliquer des règles protectrices en matière de sécurité publique.
8. Se donner les moyens de répondre à toutes les infractions.
9. Apporter une réponse efficace et adaptée dès la première infraction.
10. Développer les instruments d’une réponse immédiate et proportionnée pour les mineurs délinquants.
11. Donner aux maires les instruments d’une réponse systématique.
12. Permettre aux forces locales de sécurité de jouer leur rôle contre la récidive.
13. Evaluer l’efficacité de la réponse pénale.
14. Agir dans la continuité et mettre fin à l’accumulation des lois de circonstance.
15. Mieux coordonner l’action des acteurs présents sur le territoire.
16. Clarifier les rôles des forces de sécurité qui interviennent sur le territoire.
17. Donner aux maires les moyens de coordonner la politique territoriale de prévention.
18. Décider des politiques de sécurité dans les instances de la démocratie locale.
19. Créer les instruments de la concertation entre tous les professionnels de la réponse
20. Déployer des outils plus efficaces pour la poursuite des auteurs d’infraction.
21. Mieux lutter contre toutes les formes de délinquance financière et contre les réseaux criminels.
22. Passer de la politique du chiffre à la culture du résultat.
Ces propositions sont détaillées dans le fascicule(1) disponible en ligne en cliquant sur le lien :
le fascicule (1) "Sécurité: le fiasco de Sarkozy, les propositions du PS" Editions Jean-Claude Gawsewitch, 128 p, 9 €90
Quelle sécurité voulons-nous ? A l’approche de
l’élection présidentielle et de ses débats, il est souhaitable de nous rappeler que la sûreté est un domaine qui mérite davantage que " les raccourcis pré électoraux ". Il ne s’agit pas de
distribuer des bonus aux uns et des malus aux autres : "Comme on le fait pour la loi SRU sur le logement social, je pense qu'il faut évaluer le bilan des mairies et, en fonction de cela, donner
des bonus et des malus", dixit un député-maire UMP du Sud de la France, s’exprimant le 27 juillet dernier sur Europe 1. Pour engager le débat, il serait peut-être opportun, de rappeler
brièvement, ce qu’est aujourd’hui la sûreté sécurité en France, pour comprendre que nos élus, de Droite comme de Gauche, n’ont qu’un objectif en la matière, assurer l’égalité de tous devant
l’obligation de l’Etat, d’assurer la sécurité des biens et des personnes, sur tout le territoire. Depuis le début des années 1980, l’Etat n’est plus seul à assurer la " sûreté sécurité " et il
l’a reconnu en légiférant en 1983 pour les activités de sécurité privée et en 1995 pour souligner les partenariats dans la co production de sécurité. Les collectivités territoriales assument dans
leurs budgets, avec du personnel qualifié, des missions de sécurité ou de prévention (police municipale, prévention de la délinquance, accueil de mesures de travaux d’intérêt général, aide à la
création de bureau d’aide aux victimes, de points d’informations, etc.) qui constituent autant de moyens de co produire avec les services de l’Etat dans les départements et les régions de la
" sûreté sécurité ". La montée en puissance du secteur d’activité de services des entreprises de sécurité et de prévention répond à une réalité économique incontestable, le chiffre d’affaire de
ce secteur représente 4,8 milliards d’euros, et à politique pragmatique de la puissance régalienne, la reconnaissance de la nécessité de " co produire " la " sûreté sécurité ", avec de nouveaux
acteurs. Les syndicats professionnels de la sécurité privée ont obtenu depuis le milieu des années 1980 des avancées en matière de reconnaissance de la contribution des entreprises de sécurité et
de prévention à la sécurité générale : certification, label, charte, etc. Se pose la question du rôle de l’Etat, et à la suite du gouvernement qui impulse la politique de sécurité : comment
inciter à une co production efficace dans le respect des principes de la Constitution, le troisième des droits du citoyen français cités étant la sûreté ? Pour les collectivités, il semble
raisonnable de faire confiance aux élus, représentants du peuple souverain. Pour L’Etat, le redéploiement des effectifs de la police nationale et de la gendarmerie nationale est crucial pour deux
raisons : la légitimité des forces de l’ordre repose sur le contact avec la population, qui nécessite des effectifs suffisants (la police nationale et la gendarmerie nationale sous l’effet de la
RGPP(révision générale des politiques publiques) auront respectivement perdues 5 000 et 3 500 postes sans compter les fermetures de casernes) et une fidélisation de ces derniers (prime,
avancement, retraite) : un fonctionnaire qui travaille dans un territoire qui nécessite un investissement particulier de l’Etat, doit espérer une reconnaissance pour les missions attendues. Pour
les entreprises de sécurité et de prévention, l’Etat doit donner au récent Conseil national des activités privées de sécurité (C.N.A.P.S) les moyens financiers, matériels et humains pour assurer
les missions essentielles qui sont les siennes : réguler et contrôler la profession. Il en va de la poursuite des efforts engagés depuis les années 1980. Pour conclure, c’est bien à l’Etat
d’apporter la contribution générale et l’appui autant que de besoin au domaine de la " sûreté sécurité " pour éviter qu’au pacte républicain se substitue les règles de la finance
privée.
Pour un droit
de préemption européen - right of preemption (a translation at the end of the french version). Créer un droit de préemption européen des intérêts vitaux et fondamentaux des états
menacés de faillite.
Για ένα ευρωπαϊκό δικαίωμα πρώτης άρνησης
Μπορούμε να αφήσουμε το ακίνητο που θα λεηλατηθεί από την Ελλάδα; Αν κάποιος πιστεύει στην πολιτική Ευρώπη των ιδρυτών, η απάντηση είναι όχι! Τι πρέπει να κάνετε; Πέρα από τα τρέχοντα σχέδια, η Ευρώπη χρειάζεται τα εργαλεία πολιτικής που θα ανταποκρίνεται σε μια βιώσιμη και καινοτόμο. Το δικαίωμα πρώτης άρνησης αποτελεί απάντηση στην εξουσία και την προστασία του “σημαντικότερο και το ουσιαστικότερο“ των εθνών που απαρτίζουν την Ευρώπη.
Face aux crises internationales et à la menace qui frappe les économies européennes, le Parlement européen doit défendre un principe d’intervention politique à la hauteur des questions sociales et économiques posées par les déficits actuels.
"La Grèce n'est pas à vendre :
Η Ελλάδα δεν
είναι για πώληση"
Peut-on laisser les biens de la Grèce être pillés ? Si l’on croit à l’Europe politique des pères fondateurs, la réponse est non ! Que faire ? Au-delà des plans actuels, l’Europe a besoin d’outils politiques pour intervenir de façon durable et innovante. Le droit de préemption est une réponse d’autorité et de protection des intérêts " vitaux et fondamentaux " des nations qui composent l’Europe. La préemption résulterait soit de la loi, soit d'un contrat entre les intéressés. Par exemple, le Parlement européen pourrait adopter une loi prévoyant un droit de préemption sur les infrastructures stratégiques au profit des états européens ou d’un fonds public d’investissement (la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ou BERD, afin d'éviter une vente à la découpe, comme c’est le cas en Grèce. Un exemple pour se convaincre, Cosco Pacific, le leader chinois du transport, entend étendre son emprise sur les ports helléniques et faire de la Grèce une porte d'entrée sur l'Europe. En 2008, le groupe avait déjà déboursé 3,4 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros) pour gérer et moderniser une partie du port de conteneurs du Pirée Etranglée par le poids de sa dette souveraine, la Grèce aurait pu compter sur l’intervention de l’Europe, de son Parlement pour préempter le port du Pirée, port européen, pour le redresser et accompagner son retour à la Grèce moyennant une gestion par un dispositif public contrôler par le Parlement européen.
Le premier chiffre indique la participation actuelle de l'Etat au capital de la société, le deuxième, la part mise en vente, le tout suivi de la date prévue de la transaction. Pour certaines sociétés, le pourcentage de la participation mise en vente n'a pas été indiqué.
The first number indicates the current involvement of the state capital of the company, the second, the share sale, all followed by the date of the transaction. For some companies, the percentage of participation for sale was not reported.
2011
Ote, Télécoms (16% - jusqu'à 16% - au 2e trimestre 2011)
Banque Postale (34% - jusqu'à 34% - entre 2e et 4e trim 2011)
Port du Pirée (75% - jusqu'à 75% - entre 2e et 4e trim 2011)
Port de Salonique (75% - jusqu'à 75% - entre 2e et 4e trim 2011)
Société d'eau de Salonique (74% - jusqu'à 40% - entre 2e et 4e trim 2011)
EAS, systèmes de défense (100% - jusqu'à 66% - 4e trim 2011)
Loterie nationale (100% - 49 à 66% - 4e trim 2011)
DEPA, Gaz (65% - jusqu'à 32% - 4e trim 2011)
Trainose, chemins de fer (100% - 49 à 100% - 4e trim 2011)
Larco, Mines (55% - jusqu'à 55% - 4e trim 2011)
Odie, pari mutuel, hippisme (100% - 100% - 4e trim 2011)
Casino Mont Parnes (49% - 49% - 4e trim 2011)
Licences téléphone mobile (100% - / - 4e trim 2011)
Hellinikon, ancien aéroport (100% - / - 4e trim 2011)
2012
Aéroport Int. Athènes (55% - jusqu'à 21% - 1e trim 2012)
Autoroute Egnatia Odos (100% - jusqu'à 100% - 1e trim 2012)
Poste Héllènique (90% - jusqu'à 40% - 1e trim 2012)
Opap Paris sportifs (34% - jusqu'à 34% - 1e trim 2012)
Ports régionaux (77-100% - 43 à 66% - 2012)
Société d'eau Athènes (61% - jusqu'à 27% - 3e trim 2012)
EVO, défense (51% - jusqu'à 16% - 2e trim 2012)
Caisse des dépots&consignes(100% - / - 2012)
DEI Electricité de Grèce (51% - jusqu'à 17% - 4e trim 2012)
Sie autoroute Hellene 1 (100% - / - 2012)
Aéroports régionaux 1 (100% - jusqu'à 49% - 2012)
Hellinikon, IIe tranche (2012)
2013
Participations bancaires (jusqu'à 100% - / - 2013)
Banque agricole ATE (76% - jusqu'à 25% - 2013)
Aéroports régionaux 2 (100% - jusqu'à 49% - 2013)
Ports - 2 (77-100% - 43 à 66% - 2013)
Sie autoroute Hellene 2 (100% - / - 2013)
For a European right of first refusal - right of preemption. Create a right of first refusal European vital interests and rights of states threatened with bankruptcy. To international crises and the threat that affects the economies of Europe, the European Parliament to defend a principle of political intervention at the level of social and economic issues posed by the current deficits. Can we leave the property to be looted from Greece? If one believes in the political Europe of the founding fathers, the answer is no! What to do? Beyond current plans, Europe needs of policy tools to respond in a sustainable and innovative. The right of first refusal is a response to authority and protection of "vital and fundamental" of nations that make up Europe. The result is pre-emption of the law or a contract between the parties. For example, the European Parliament could pass a law providing for a right of first refusal on the strategic infrastructure for the benefit of European states or public investment funds (the European Bank for Reconstruction and Development or EBRD, to avoid a sale to the cut, as is the case in Greece. An example to be convinced, Cosco Pacific, the Chinese leader of transport, intends to extend its control over the ports Hellenic and make Greece a gateway to Europe. In 2008 the group had already spent $ 3.4 billion (2.6 billion euros) to manage and modernize a portion of the container port of Piraeus strangled by the weight of its sovereign debt, Greece could rely on the intervention of Europe's Parliament to pre-empt the port of Piraeus port in Europe, to support its recovery and return to Greece in return for a management control device public by the European Parliament. The first number indicates the current involvement of the state capital of the company, the second, the share sale, all followed by the date of the transaction. For some companies, the percentage of participation for sale was not reported.
Hakim Chalane – 05/07/11
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